Le chef d’état-major général des armées (CEMAG), Lassina Doumbia, suit de très près le dossier qui secoue l’École militaire préparatoire technique (EMPT) de Bingerville. Dans la nuit du vendredi 15 mai, un rituel de fin d’année mené par des élèves de terminale a tourné à l’expédition punitive contre des cadets de seconde et de première, violant les consignes strictes de non-violence émises par le commandement de l’école deux jours plus tôt.
Selon les informations de Enquête Media , treize élèves de terminale ont été formellement identifiés et mis aux arrêts dans l’attente d’un conseil de discipline qui s’annonce d’une sévérité exemplaire.
Risque d’évacuation sanitaire vers Paris
Le bilan de cette nuit de violences fait état de quinze blessés. Si neuf d’entre eux ont pu être pris en charge au sein de l’infirmerie de la prestigieuse école, six autres ont dû être transférés en urgence vers l’Hôpital militaire d’Abobo (HMA).
Parmi les cas les plus préoccupants, un élève de seconde souffre d’un traumatisme oculaire majeur. Le service de santé des armées étudie d’ores et déjà l’éventualité d’une évacuation sanitaire (Evasan) vers un hôpital spécialisé en France.

Omerta et pressions sur les familles
En coulisses, la gestion de cette crise suscite de vives tensions entre la direction de l’établissement et les familles des victimes. Nombre de parents d’élèves redoutent que l’affaire ne soit étouffée pour préserver le label d’excellence de l’EMPT, vivier historique des cadres de l’armée ivoirienne et de la sous-région.
Plusieurs familles, craignant des mesures de rétorsion disciplinaires ou une radiation de leurs enfants, hésitent à porter plainte devant la justice civile et réclament un arbitrage direct du ministère de la Défense, dirigé par Téné Birahima Ouattara.
Ce scandale lève le voile sur un phénomène récurrent au sein de l’école. Plusieurs rapports internes ont alerté ces dernières années sur les dérives systémiques liées au « bizutage », sans que les réformes structurelles requises n’aient été pleinement implémentées par la hiérarchie.
LA REDAC’
Enquetemedia
Ph/DR
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