Après avoir obtenu le versement de dix-huit mois d’arriérés de salaires grâce à une première médiation de la présidence, les anciens salariés de l’établissement hôtelier d’Abidjan montent à nouveau au créneau. En ligne de mire, le patron de la Société des Lagunes (SDL), Georges Angaman, accusé de faire traîner le paiement des indemnités de licenciement.
L’accalmie aura été de courte durée sur le dossier brûlant de Heden Golf Hôtel. Selon nos informations, le Collectif des ex-employés de l’établissement a transmis, le 24 avril, un courrier de « nouvelle sollicitation » directement adressé à la présidence de la République. Ce mémorandum, qui a également été mis à la disposition de la primature et de la vice-primature, vise à débloquer le paiement des droits légaux et des mesures d’accompagnement social, au point mort depuis plus de deux ans.

L’ombre de Georges Angaman
Au cœur de la discorde se trouve l’homme d’affaires Georges Angaman, directeur général de la Société des Lagunes (SDL). Cette entité gérait l’hôtel avant la vague de licenciements massifs intervenue le 29 février 2024. Si l’intervention initiale des services de Alassane Ouattara avait permis de régler les arriérés de salaires (18 mois de soldes impayés), le collectif dénonce aujourd’hui les « manœuvres dilatoires » de la direction de la SDL.
Bien que l’inspection du travail ait déjà procédé aux calculs définitifs des indemnités dues, la SDL se trouve dans une impasse financière ou structurelle, empêchant le versement effectif des fonds. Pour les ex-salariés, le constat est que malgré les médiations administratives classiques, le dialogue avec la SDL est rompu.

Urgence sociale au Plateau
Pour peser auprès du Palais, le collectif n’hésite pas à souligner la dégradation alarmante de la situation sociale des familles concernées. Le courrier mentionne plusieurs décès parmi les anciens employés, des cas de ruptures familiales et une déscolarisation massive des enfants faute de moyens.
En s’adressant directement au chef de l’État, les ex-employés espèrent transformer ce conflit social en un dossier politique prioritaire. Ils parient sur la volonté de l’exécutif de ne pas laisser un conflit lié à un actif hôtelier symbolique de l’État — le Golf Hôtel ayant été le quartier général historique de Alassane Ouattara durant la crise post-électorale de 2010-2011 — ternir le climat social.
Le dossier est désormais entre les mains du service courrier de la présidence (enregistré sous le numéro 3113). L’enjeu est de contraindre Georges Angaman à honorer les engagements de la SDL.
Source : Enquête Media 29/04/2026
Ph/DR