Derrière la façade de stabilité affichée par le palais d’Abidjan, les services de renseignement et le CROAT mènent une offensive sans précédent. Entre 2023 et 2026, près de 400 opérationnels ont été neutralisés.
Alors que la menace terroriste semble s’être stabilisée en surface depuis l’attaque de Kafolo en 2020, les chiffres de l’ombre révèlent une réalité bien plus complexe. Selon des informations confidentielles obtenues par nos services, l’appareil sécuritaire ivoirien a mené, entre 2023 et début 2026, une campagne de « neutralisation » chirurgicale sur l’ensemble du territoire national.
L’opération « Cargo » : le CROAT en première ligne
Le point d’orgue de cette montée en puissance technologique a été atteint en 2024. Selon nos sources, l’unité d’intervention du CROAT (Centre de Renseignement Opérationnel Anti-Terroriste) a procédé à l’arrestation de six cadres de l’État Islamique, originaires du Moyen-Orient, présents sur le sol ivoirien.
L’opération a mobilisé des moyens tactiques de dernière génération, marquant un saut qualitatif pour le renseignement ivoirien. Preuve de l’importance stratégique de cette cellule, c’est un avion-cargo du FBI qui est venu récupérer les six hommes au GATL pour leur transfert, illustrant l’étroite coopération sécuritaire entre l’administration de Alassane Ouattara et Washington.
La réussite de ces opérations repose sur la structure atypique du CROAT. Contrairement aux unités classiques, ce centre est un modèle d’hybridité. Le personnel est composé à 50 % de militaires et à 50 % de civils. Le centre recrute de jeunes femmes et hommes, experts en cyber-renseignement et en analyse de données, capables de traquer les flux financiers et les communications cryptées des groupes djihadistes.

Le bilan chiffré de la traque
Le chiffre, jalousement gardé par le Parquet antiterroriste et la CNRD.(Coordination Nationale du Renseignement), est significatif. En l’espace de trois ans, près de 400 individus affiliés au JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et à l’EIGS(État islamique dans le Grand Sahara) ont été mis hors d’état de nuire.
Il ne s’agit pas ici d’arrestations politiques, mais de profils de « haute intensité » : logisticiens, recruteurs et cellules dormantes interceptées en phase critique de préparation. Ces 400 détenus sont actuellement disséminés dans des unités de haute sécurité à travers le pays pour éviter la création de foyers de radicalisation en milieu carcéral.
La doctrine Ouattara ou le silence et l’économie
Si la présidence communique peu sur ces succès tactiques, c’est pour préserver le statut de « hub » économique de la Côte d’Ivoire. La divulgation de l’ampleur de l’infiltration djihadiste pourrait fragiliser la confiance des investisseurs étrangers, piliers du Plan National de Développement (PND).
Pourtant, cette efficacité sécuritaire montre une réalité inquiétante qui est celle de la résilience des réseaux sahéliens. Malgré les pertes, les groupes armés maintiennent leur pression vers le Sud. Toute chose qui confirme que la Côte d’Ivoire demeure la cible prioritaire pour l’accès au Golfe de Guinée.
Source : Enquête Media 13/04/2026