Depuis la suppression des cotisations COGES en 2020, les fonds issus des inscriptions en ligne, centralisés par le ministère de l’Éducation nationale, peinent à redescendre vers les lycées et collèges.
Sous les lambris du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, le sujet est tabou, mais les gestionnaires d’établissements, eux, ne décolèrent pas. La réforme de la gratuité scolaire, actée par le président Alassane Ouattara via le décret n°2020-997 du 30 décembre 2020, a créé un effet d’aubaine pour les caisses centrales de l’État, au détriment du fonctionnement quotidien des écoles.
L’âge d’or du « circuit court »
À l’époque de l’ancien ministre Amani N’Guessan, la gestion des droits d’inscription (alors fixés à 6 000 FCFA) suivait une logique de proximité. Sur cette somme, payée directement aux économats : 1 000 FCFA alimentaient le FAES (Fonds d’aide aux établissements scolaires) et restaient sur place, 2 000 FCFA constituaient la part COGES , immédiatement disponible pour les urgences er 3 000 FCFA étaient reversés au Trésor.
En somme, 50 % de la manne restait à disposition des proviseurs pour assurer la rentrée avant même l’arrivée des budgets de fonctionnement, souvent tardifs.

Le « trou noir » des inscriptions en ligne
Aujourd’hui, l’ère du numérique et du paiement mobile a radicalement changé la donne. Si les frais sont restés identiques pour le public (6 000 FCFA), la ventilation des fonds est devenue un casse-tête pour les chefs d’établissement depuis 2021. La part du FAES a fondu pour passer sous la barre des 500 FCFA, sans que les critères de ce « dépérissement » ne soient clairement explicités par les services financiers du ministère.
Plus intrigant encore, alors que l’État et les collectivités territoriales ont officiellement pris le relais du financement des COGES en 2021, les 2 000 FCFA initialement prévus à cet effet n’ont pas été retranchés de la facture payée par les parents. Une « logique bizarre » qui interroge sur la destination finale de ce surplus.
Un traitement différencié Public-Privé
Cette distorsion de flux explique, en creux, pourquoi les frais d’inscription en ligne stagnent à 3 000 FCFA dans le secteur privé, où COGES et FAES n’existent pas. Dans le public, le maintien du tarif plein, couplé à une redistribution parcimonieuse, laisse de nombreux établissements dans une détresse budgétaire chronique.
La question de la « sincérité » des flux financiers liés au numérique pourrait bien devenir le prochain dossier brûlant sur le bureau du ministre Koffi N’Guessan.
Source : Enquête Media 14/04/2026
Ph/DR
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