Le bureau de contrôle Terrabo vient de saisir officiellement l’Ageroute pour dénoncer le retard critique pris par la société New Entreprise de N’guessan Ahondjon , député d’Arrah et époux de la Ministre Harlette Kouamé Badou, Présidente Nationale de l’Union des Femmes-RHDP, Maire de la Commune d’ARRAH, sur le chantier bitumage Kafolo-Tougbo (36 km). À trois mois de l’échéance contractuelle, le projet affiche une exécution physique de seulement 53 % contre 82 % du temps consommé.
L’ambiance est à l’orage entre l’ingénieur-conseil Terrabo et la société New Entreprise. Dans un courrier daté du 9 avril 2026, que nous avons pu consulter, le directeur général de Terrabo, a formellement sollicité l’arbitrage de l’Ageroute (Agence de gestion des routes) dirigée par Fabrice Coulibaly. L’objectif est de convoquer une réunion de crise pour « interpeller » l’entrepreneur face à une situation jugée alarmante sur le terrain.

Une exécution à la traîne
Le projet, qui concerne l’aménagement et le bitumage de l’axe stratégique Kafolo-Biteonté-Logogbo-Sissegbo-Bolé-Moromoro-Tougbo (36 km) dans le nord du pays, s’enlise. Lancés le 6 janvier 2025 pour un délai de 18 mois, les travaux devraient théoriquement s’achever le 6 juillet prochain. Or, les chiffres transmis au régulateur public sont sans appel :
Terrassements généraux :53,23 % réalisés sur 17,37 km.
Couche de fondation : Seulement 60 % d’exécution.
Revêtement BBSG : À peine entamé sur la quasi-totalité du tracé (32,63 km restant à couvrir).

Pannes techniques et non-respect des procédures
Au-delà des chiffres, Terrabo pointe une défaillance opérationnelle structurelle chez New Entreprise. Le bureau d’études déplore des « pannes répétitives des engins mobilisés » ainsi que de nombreuses « reprises de tâches » dues au non-respect des procédures d’exécution pourtant validées. Malgré une mise en demeure envoyée dès le 6 janvier 2026, l’entreprise n’aurait pris aucune disposition suffisante pour résorber le retard.
L’Ageroute en dernier recours
En saisissant la direction générale de l’Ageroute à Abidjan, Terrabo cherche à se couvrir juridiquement tout en mettant la pression sur le prestataire. Pour l’État ivoirien, ce retard est d’autant plus sensible que cet axe frontalier est considéré comme névralgique pour le désenclavement et la sécurisation des zones septentrionales.
Si aucune accélération notable n’est constatée lors de la réunion de confrontation sollicitée, New Entreprise s’expose à des pénalités de retard, voire à une résiliation de contrat, une option que l’Ageroute cherche généralement à éviter pour ne pas prolonger davantage les délais de livraison.
Source : Enquête Media 16/04/2026