C’est un mardi (28/04) qui restera gravé dans les annales de la gastronomie diplomatique ivoirienne. Tandis que le monde s’étripe pour le contrôle des micro-puces ou du gaz liquéfié, la Côte d’Ivoire et l’Arabie Saoudite ont choisi de sceller leur destin autour d’un enjeu bien plus… sucré.
50 tonnes de sucre, zéro calorie politique ?
L’information est tombée comme un fruit mûr. 50 tonnes de dattes. Pas 49, pas 51. Un tonnage digne d’un convoi de minerai, mais pour des fruits secs. À Cocody, l’ambassadeur saoudien, SEM Saad bin Bakhit Al-Qathami, a remis « symboliquement » quelques dattes à la ministre Myss Belmonde Dogo. On imagine la scène : un échange de regards profonds, une poignée de main ferme, et entre les deux, un petit fruit brun qui contient à lui seul toute la « vitalité des relations bilatérales ».

La logistique du noyau
La ministre a tenu à rassurer la nation que la gestion de ce stock stratégique se fera dans la « transparence ». On respire ! On craignait déjà un marché noir de la datte ou une cellule de crise pour décider si la datte de Yopougon doit être aussi charnue que celle de Korhogo.
Le communiqué nous précise que ce don est destiné aux « populations vulnérables ». C’est bien connu : quand on a faim, rien ne vaut une datte saoudienne pour oublier que le prix de l’huile et du riz, lui, n’est pas « offert ». C’est le concept de la « diplomatie énergétique » au sens propre, beaucoup de glucose pour tenir jusqu’au prochain communiqué de presse.
Un partenariat qui a du « goût »
L’ambassadeur a rappelé que l’Arabie Saoudite est un leader mondial de la datte. Quelle chance ! Si la Côte d’Ivoire décidait de rendre la pareille en offrant 50 tonnes de fèves de cacao, on pourrait enfin assister à la création du premier « Axe du Chocolat Fourré ».
En attendant, le peuple ivoirien pourra savourer cette solidarité saoudienne et ne devra pas les noyaux trop vite qui pourraient bien être la seule chose de solide qui restera de cette « coopération renforcée » une fois la digestion terminée. Le prochain don de 50 tonnes de cure-dents en bois de santal est attendu pour le semestre prochain afin de finaliser l’hygiène bucco-dentaire de la coopération Sud-Sud.
LA REDACTION
Ph/DR