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CCC_ OIA-CC : Les liaisons dangereuses entre Siaka Diakité et le clan Yves Brahima Koné.

Élu en août 2025 à la tête de la toute nouvelle Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) de la filière café-cacao, Siaka Diakité est présenté comme le nouveau héraut des producteurs. Pourtant, derrière l’image du « leader paysan » se dessine un profil d’homme d’affaires multi-cartes, dont les liens avec le Conseil Café-Cacao (CCC) et les réseaux politiques interrogent sur la neutralité réelle de l’instance.

L’ombre d’un agrément d’exportateur

Si Siaka Diakité siège au sein du collège des producteurs de l’OIA, ses activités réelles racontent une tout autre histoire. Selon des documents consultés par nos soins, l’homme fort de l’interprofession est avant tout un opérateur économique. Il est le pilier de l’Uinter CC CI, une entreprise de droit ivoirien créée en 2006, officiellement enregistrée comme exportatrice de fèves de cacao et de café.
Plus troublant encore, son nom apparaît au numéro 44 de la liste des fournisseurs agréés du Conseil Café-Cacao (CCC). Ce double statut — représentant des producteurs d’un côté, exportateur et fournisseur de l’autre — place Diakité dans une situation de conflit d’intérêts structurel, alors même que l’OIA est censée arbitrer les tensions entre planteurs et industriels.

Le « Monsieur Sacherie » d’Yves Brahima Koné

Au siège du CCC, l’influence de Siaka Diakité ne doit rien au hasard. Il entretient une proximité notoire avec le puissant Directeur Général du Conseil, Yves Brahima Koné. Les deux hommes, qui « partagent régulièrement le thé » en toute discrétion, ont lié leurs intérêts autour de marchés stratégiques.
Selon nos sources, Siaka Diakité a la haute main sur le juteux marché de la sacherie brousse. Un contrat estimé à plus de 5 milliards de francs CFA, qui aurait été passé de gré à gré sous l’impulsion de la direction générale. Cette manne financière a permis d’asseoir la puissance de son organisation, l’ONPCC-CI, montée en un temps record — moins de six mois — pour servir de plateforme de conquête de l’OIA.

Le parrainage d’Adjoumani et l’ingénierie de la DOPA

L’ascension de Diakité a bénéficié d’un alignement politique parfait. Le ministre de l’Agriculture d’alors, Kobenan Kouassi Adjoumani, a suivi de près le processus électoral de Yamoussoukro en août 2025. Sur le terrain, l’ingénierie politique a été confiée à André Kouassi, Directeur des Organisations Professionnelles Agricoles (DOPA). Ce dernier est soupçonné d’avoir « balisé » le terrain pour Siaka Diakité auprès des délégués régionaux. En échange de ce soutien décisif, les rumeurs de « gratifications » circulent avec persistance dans les couloirs du ministère, évoquant d’importantes enveloppes et la mise à disposition de véhicules.

Un entourage de « gros bras » syndicaux

Pour tenir l’OIA, Siaka Diakité s’est entouré de deux lieutenants au profil de syndicalistes de choc plutôt que de planteurs de terrain. On retrouve à ses côtés Thibaut Yoro, Secrétaire Général et porte-parole de la Centrale Syndicale Agricole de Côte d’Ivoire (CSA-CI), ainsi que Doua Blondé Obed, issu de l’Association des Organisations Professionnelles Agricoles de Côte d’Ivoire (AOPACI). Ces deux figures sont aujourd’hui au cœur des critiques des opérateurs privés et des coopératives. Des témoignages concordants font état de pratiques de « racket » institutionnalisé lors des opérations de déchargement. Une taxe occulte qui fragilise un peu plus les marges des acteurs de la chaîne de valeur.

De Boga Doudou à Henri Amouzou

Le « CV occulte » de Siaka Diakité révèle également un ancrage ancien dans les réseaux de pouvoir de la filière. Il a fait ses premières armes sous l’aile de Boga Doudou, l’ancien ministre de l’Intérieur sous l’ère Gbagbo, qui l’a introduit dans les cercles fermés du cacao.
Il fut également un associé proche d’Henri Amouzou, figure mythique de l’époque des « Barons » de la filière avant la grande réforme de 2011. En installant Siaka Diakité à l’OIA, le pouvoir actuel a misé sur un homme qui connaît tous les rouages — et tous les secrets — du système, au risque de sacrifier l’indépendance promise aux véritables paysans.

Source : Enquête Media 20/03/2026

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