Le parquet et la police coordonnent-ils la mise au chômage politique du président de ADCI ?
Entre interdiction de sortie de territoire et convocation devant la doyenne des juges d’instruction, le maire de Tiassalé et président du Mouvement Politique Aujourdhui et Demain la Côte d’Ivoire (ADCI), Assalé Tiémoko Antoine, fait face à une accélération soudaine des procédures à son encontre. Récit de trois semaines de tensions entre son domicile, l’aéroport et le tribunal.
L’imbroglio de l’aéroport d’Abidjan
Tout bascule le lundi 11 mai 2026. Alors qu’il s’apprête à embarquer pour un voyage politique au Canada — un projet planifié depuis le 16 mars — Assalé Tiémoko est stoppé net par le commissaire de police de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny. Le motif invoqué est l’obligation d’informer préalablement le procureur de la République avant tout départ du territoire national.
Dans une lettre adressée au Parquet le lendemain, le 12 mai, l’élu souligne qu’aucune notification officielle de restriction de liberté ne lui avait été transmise depuis la levée de sa garde à vue en avril dernier. Cette « interdiction de fait » a causé au président de ADCI des préjudices financiers et matériels qu’il qualifie d’irréparables.

Du 8e cabinet d’instruction à la Préfecture de police
Le mardi 12 mai 2026 a marqué un tournant décisif dans le bras de fer judiciaire. En début d’après-midi, la Préfecture de police d’Abidjan informait les conseils du maire de Tiassalé, notamment Maître Claude Mentenon, de l’arrivée d’une nouvelle convocation.
Refusant toute stratégie de l’évitement, Assalé Tiémoko s’est rendu en personne dans les locaux de la préfecture pour accuser réception du document à 17h30. Ce dernier acte marque le passage de l’enquête préliminaire à l’instruction judiciaire. L’élu est désormais attendu le vendredi 15 mai 2026 à 8h00. Et l’audience se tiendra au cabinet de Madame la Doyenne des juges d’instruction (8e cabinet) au Tribunal de Première Instance d’Abidjan.
Un passif procédural complexe
Cette accélération fait suite à une première audition tendue (15 h de temps)le 22 avril 2026 devant le service des enquêtes générales, en présence du procureur adjoint Abou Sherif. Bien qu’une mesure de garde à vue ait été notifiée le 23 avril alors qu’il était hospitalisé à l’Institut de cardiologie, celle-ci avait été levée le jour même, laissant croire à l’élu qu’il était libre de ses mouvements. Mais avec la saisie de la doyenne des juges d’instruction, l’affaire prend une dimension politique et judiciaire majeure.
Source : Enquête Media 13/05/2026