En 1975, il n’avait que soixante-quinze poussins et une foi inébranlable. Cinquante ans plus tard, Nanan Ali Ouattara règne sur un empire avicole qui nourrit la Côte d’Ivoire. Portrait d’un self-made-man visionnaire qui passe aujourd’hui le flambeau à sa fille, Aïcha, pour conquérir l’Afrique.
C’est une histoire comme l’Afrique moderne les aime, un conte de fées économique né dans la terre rouge d’Agnibilékrou, à l’est de la Côte d’Ivoire. À l’origine de ce miracle, un homme : Ali Ouattara — que l’on appelle aujourd’hui avec respect Nanan Issa ou Nanan Ali Ouattara.
Lorsqu’il se lance au milieu des années 70, l’Afrique de l’Ouest est en pleine mutation. Le jeune entrepreneur n’a pour tout bagage qu’une intuition et une petite basse-cour de 75 poussins pondeuses. Autour de lui, beaucoup sourient. Pourtant, cinquante ans plus tard, le modeste poulailler est devenu FOANI Services , un titan de l’agro-pastoral dont le chiffre d’affaires frôle les 8 milliards de francs CFA.

Le roi du poulet « Tassaba »
Pour bâtir son empire, Ali Ouattara a appliqué une méthode implacable : maîtriser la chaîne de valeur de A à Z. Dans ses fermes ultra-modernes, le bourdonnement est incessant. FOANI ne se contente plus de faire grandir des volailles ; le groupe gère désormais ses propres couvoirs, fabrique les aliments pour bétail, conçoit ses alvéoles d’œufs et gère un abattoir de pointe. Au total, plus de 500 000 poules caquètent sous la bannière de l’entreprise, qui fait vivre des centaines de familles ivoiriennes.
À Abidjan, le nom de Ali Ouattara est synonyme de fête. C’est à lui que l’on doit le fameux poulet «Tassaba », cette marque devenue incontournable sur les tables ivoiriennes lors des grands rassemblements familiaux et des célébrations religieuses.

Le temps de la transmission
Mais la plus belle réussite d’un patriarche reste la transmission. À l’heure où FOANI s’écrit au présent, Ali Ouattara prépare l’avenir. Le regard fier, il observe sa fille, Aïcha Ouattara Épse Coulibaly, prendre les rênes de la toute nouvelle ambition familiale : le FOANI International Training College (FITC).
Installé à Agnibilékrou, cet établissement supérieur d’enseignement technique et professionnel est le grand œuvre de la nouvelle génération. L’objectif affiché par Aïcha Ouattara est titanesque : former 1 000 entrepreneurs agricoles d’ici 2035 à travers toute l’Afrique de l’Ouest. Une armée de bâtisseurs formés aux techniques modernes pour éradiquer l’insécurité alimentaire et offrir un avenir aux jeunes du continent.

Des premiers poussins de 1975 aux amphithéâtres high-tech d’aujourd’hui, le clan Ouattara prouve que le destin de l’Afrique s’écrit d’abord par ses entrepreneurs. L’histoire d’une dynastie qui n’a pas fini de voler haut.
Par la rédaction de Enquete Media