Le « géant » israélien des infrastructures Mitrelli traverse une zone de fortes turbulences entre Abidjan et Dakar. Selon les informations de enquetemedia, la directrice générale des filiales ivoirienne et sénégalaise du groupe, Dialikhan Soumah (née Dialikhan), est aujourd’hui sur le point de quitter ses fonctions. Ce départ imminent s’accompagne d’un bras de fer financier : la dirigeante ne réclame pas moins de 100 millions de francs CFA (environ 152 000 euros) au groupe panafricain.
Soupçons de surfacturation sur les centres de santé
Ce remue-ménage au sommet coïncide avec une affaire beaucoup plus explosive portant sur des soupçons de détournements de fonds publics. Au cœur de la tempête se trouve Pascal Borderes, directeur de projet chez Promed International, la filiale médicale de Mitrelli. Plusieurs centaines de millions de francs CFA auraient été générés via des surfacturations massives dans le cadre du vaste programme de construction de centres de santé en Côte d’Ivoire. Les passerelles financières entre Abidjan et l’international semblent toutefois rompues. Depuis 2024, Pascal Borderes fait face au gel de ses avoirs en Côte d’Ivoire. Toutes ses tentatives de transférer ces fonds occultes vers ses comptes bancaires personnels en France et en Israël sont restées vaines, se heurtant à la vigilance des mécanismes de contrôle de conformité financière.
Chassé-croisé à la Direction de la police criminelle
L’affaire a désormais pris une tournure ouvertement judiciaire. Convoqués au siège de la Direction de la police criminelle (ex-PJ) à Abidjan en début de semaine, les principaux protagonistes ont initialement tenté de jouer la montre en envoyant uniquement leurs conseils juridiques. La donne a changé lors des récentes auditions. Mme Dialikhan Soumah s’est finalement présentée seule devant les enquêteurs pour s’expliquer sur la gestion des filiales. Tandis que Eva Peled, autre figure clé du dossier, a quant à elle choisi la politique de la chaise vide. Selon des sources policières, elle aurait discrètement fui le territoire ivoirien pour échapper à son interrogatoire. Les autres cadres ciblés ont tenté de justifier leur absence par divers motifs administratifs ou médicaux.

Ultimatum fixé à vendredi
Face à ce qui est perçu comme une stratégie d’évitement, la police criminelle ivoirienne a durci le ton. Une deuxième vague de convocations a été formellement notifiée aux suspects restants. L’ultimatum est clair : faute de se présenter dans les locaux de la police ce vendredi, les forces de l’ordre émettront des mandats d’amener pour aller les cueillir directement.
Par Theodore P. (Pôle économique et judiciaire)