« La commune d’Abidjan dans laquelle je déposerai ma candidature pour les municipales de 2028, vous verrez que la manière d’y faire de la politique va complètement changer…»
Cette prophétie (ou menace, selon le degré de panique des élus actuels) est signée Assalé Tiémoko. Le sémillant maire de Tiassalé l’a lâchée le 9 mai dernier à Cocody, lors d’un point de presse où il a officialisé son ambition de troquer son fauteuil « provincial » pour les dorures de la commune chic d’Abidjan en 2028.
Et là, miracle ! Point n’est besoin d’attendre 2028 pour voir le « changement ». Depuis cette annonce, un phénomène proprement surnaturel s’observe du côté de la mairie de Cocody : le réveil des morts-vivants de l’administration.
La soudaine illumination de l’Hôtel de Ville
Prenez ce fameux mur de 400 mètres érigé en toute illégalité dans le village de M’Badon. Depuis des années, ce chef-d’œuvre de l’anarchie urbaine bloque l’évacuation des eaux de pluie vers la lagune, transformant le quartier en piscine olympique à la moindre ondée. Pendant des mois, les habitants ont crié au secours, et le lanceur d’alerte Jean Christian Konan a failli s’égosiller dans le désert institutionnel. La mairie ? Sourde. Aveugle. Probablement très occupée à des tâches d’une importance hautement stratégique.
Et puis, soudain… la lumière fut.
À peine Assalé Tiémoko a-t-il posé un orteil virtuel sur les terres de Cocody que les autorités locales ont été frappées d’une révélation divine. « Tiens, mais il y a un mur illégal ici ! », s’est-on probablement écrié dans les couloirs feutrés de la mairie. En un claquement de doigts, les équipes se sont ruées sur place pour marquer l’ouvrage du désormais célèbre tampon rouge : « À DÉTRUIRE ».

Une affaire de logistique pigmentaire
Simple coïncidence de calendrier ? Sursaut patriotique d’une administration saisie d’un remords tardif ? Ne soyons pas mauvaises langues. Restons indulgents, voire chrétiens dans notre analyse.
Il est tout à fait fortuit que ce zèle bureaucratique coïncide avec l’arrivée d’un concurrent sérieux. La vérité est sûrement plus prosaïque. La mairie de Cocody, en rupture de stock chronique, manquait tout simplement de peinture rouge depuis des années.
Heureusement, le budget « bombes aérosols » a été miraculeusement débloqué le 10 mai. Comme quoi, la concurrence politique a du bon, elle ne change pas encore la vie des citoyens, mais elle a le mérite de reconstituer les stocks de fournitures de bureau.
LA REDAC’