Usurpation de la signature électronique du Directeur Général, dégrèvements fiscaux frauduleux accordés par des cadres intouchables et omerta administrative : révélations sur un scandale financier qui secoue l’administration fiscale ivoirienne.
Une plainte explosive sur la table du Procureur
Le scandale des exonérations et dégrèvements occultes à la Direction Générale des Impôts (DGI) de Côte d’Ivoire vient de franchir une étape judiciaire majeure. Selon des documents administratifs secrets et judiciaires transmis à la rédaction d’Enquête Média, le Syndicat des Agents des Impôts (SAGI), représenté par son Secrétaire Général National, Konan Kouassi Antoine, a formellement déposé une plainte au Parquet du Pôle Pénal Économique et Financier d’Abidjan (enregistrée au service courrier sous le N° 4375 le 21 juillet 2026).
Cette plainte vise directement la Direction Générale des Impôts, représentée par son Directeur Général, et dénonce un préjudice financier astronomique infligé à l’État ivoirien, s’élevant à plus de 39 milliards de francs CFA.

Le mode opératoire : Usurpation de signature électronique et dégrèvements mafieux
L’affaire prend sa source dans un rapport au vitriol élaboré par l’Inspection Générale des Services Fiscaux et présenté lors du Séminaire bilan 2025 – perspectives 2026, qui s’est tenu les 16 et 17 février 2026 à Yamoussoukro.
Les investigations internes menées par les inspecteurs de l’État ont mis au jour un réseau criminel structuré opérant au cœur même de l’administration fiscale. Le mode opératoire identifié repose sur l’usurpation de la signature électronique du Directeur Général de la DGI par de hauts cadres et directeurs.
Grâce à cette manipulation informatique, des actes de dégrèvements fiscaux frauduleux – c’est-à-dire l’annulation ou la réduction illégale de dettes fiscales d’entreprises ou de contribuables privilégiés – ont été émis à tour de bras. Le document du syndicat qualifie sans détour ces agissements d’« actes commis par des directeurs résolument déchaînés contre les intérêts de la nation».

Une inertie administrative suspecte face à la gravité des preuves
Ce qui indigne profondément les agents des impôts rassemblés au sein du SAGI, c’est le contraste saisissant entre la précision des preuves accumulées et l’inaction des autorités administratives depuis la tenue du séminaire de Yamoussoukro en février 2026.
Bien que l’Inspection Générale ait formellement identifié les auteurs et hauts responsables impliqués dans ce braquage des caisses publiques, aucune sanction disciplinaire tangible ni aucune poursuite judiciaire interne n’avait été engagée à leur encontre. C’est face à ce climat d’impunité et de protection suspecte que le syndicat a décidé de briser l’omerta en saisissant la justice pénale.
Mandat de dépôt et séquestre des biens : Les exigences fermes du SAGI
Dans sa requête adressée au Procureur de la République près le Pôle Pénal Économique et Financier, le SAGI réclame une réponse judiciaire ferme et rapide afin de stopper ce qu’il qualifie de « hémorragies financières régulières à la DGI ».
Le syndicat exige notamment :
L’ouverture immédiate d’une procédure de mandat de dépôt** contre l’ensemble des directeurs et cadres incriminés et identifiés par l’Inspection Générale ;
Le remboursement intégral de l’ensemble des sommes détournées ou indûment dégrevées ;
Le séquestre et la saisie conservatoire des biens mobiliers et immobiliers des auteurs présumés afin de garantir la restitution totale du préjudice financier causé à l’État (supérieur à 39 milliards FCFA).
Un test majeur pour la lutte contre la corruption et l’État de droit
En saisissant directement le Pôle Pénal Économique et Financier, le SAGI remet au centre du débat public la question de la probité dans la gestion des deniers publics et de l’équité fiscale.
Alors que l’État cherche à mobiliser ses ressources nationales pour financer le développement et les infrastructures de la nation, la soustraction frauduleuse de 39 milliards de FCFA au profit d’intérêts privés apparaît comme un coup de poignard porté à l’économie nationale. Le dossier est désormais entre les mains du Procureur de la République, dont l’action sera scrutée de près par l’opinion publique et la société civile.
Par la Rédaction d’Enquête Média.
Source : Plainte SAGI N° 4375/2026 enregistrée le 21/07/2026 au Pôle Pénal Économique et Financier d’Abidjan.