Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp

Stratégie électorale d’Alassane Ouattara : vers une continuité pacifique ou un nouveau défi pour le RHDP en 2025 ?

En Côte d’Ivoire, le climat politique est en pleine effervescence à l’approche de la présidentielle de 2025. Alassane Ouattara, président sortant, voudra bien être candidat à sa propre succession. Une décision qui s’inscrit dans une stratégie bien pensée, visant à garantir la continuité du pouvoir pour le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), son parti…Décryptage.

Une candidature calculée

La candidature d’Alassane Ouattara en 2025 ne relève pas d’une impulsion soudaine. Après avoir orchestré un troisième mandat controversé en 2020, dominé par des tensions politiques et des boycotts de l’opposition, Ouattara se positionne maintenant comme un leader d’expérience capable de maintenir la stabilité dans un pays encore fragile sur le plan politique. En se représentant, il nourrira l’idée de la stabilité économique et de la paix, des thèmes qui ont marqué son mandat depuis 2011.

L’ancien commis du FMI mise également sur la relance de la croissance et des investissements, espérant convaincre les électeurs que son expérience est indispensable dans un contexte économique mondial incertain. En parallèle, la gestion des enjeux sociaux et sécuritaires sera au cœur de sa campagne, cherchant à rassurer les Ivoriens sur les avancées réalisées durant son mandat.

Un plan de succession stratégique

Une des subtilités majeures de la stratégie de Ouattara, réside dans son intention de préparer une passation de pouvoir en douceur, avec comme héritier son vice-président, Tiemoko Meyliet Koné. Ce dernier, choisi pour sa loyauté et son expérience, est perçu comme un représentant fidèle des valeurs du RHDP. L’idée est qu’une fois élu en 2025, Ouattara laisse les rênes du pays à son poulain dans un délai d’environ six mois à un an, une manœuvre qui pourrait contribuer à assurer la continuité des politiques engagées et à renforcer l’unité au sein du parti.

En vertu de l’article 62 de la Constitution ivoirienne, le vice-président peut effectivement accéder à la présidence en cas de vacance du pouvoir, contribuant ainsi à une transition moins tumultueuse. En anticipant un transfert de pouvoir, Ouattara espère éviter les crises politiques qui ont secoué le pays dans le passé. Cela pourrait également réduire la résistance au sein du RHDP et inhiber les ambitions de rivalité interne.

Les défis à relever

Cependant, la route vers cette « success story » est semée d’embûches. D’un côté, le climat politique actuel, marqué par une opposition encore divisée mais toujours vigilante, pourrait poser des problèmes à la mise en œuvre de ce plan. Des tensions au sein même du RHDP pourraient émerger sur la question de la succession, surtout si des figures influentes du parti s’estiment lésées.

De plus, la question de la légitimité de Ouattara à briguer un autre mandat après un troisième mandat controversé en 2020 pourrait ressurgir. Enfin, la nécessité de convaincre une population parfois méfiante sur les élections pourrait devenir un véritable défi pour le RHDP.

La stratégie d’Alassane Ouattara s’appuie sur une connaissance approfondie du paysage politique ivoirien, mêlant prudence et ambition. En se présentant à la présidentielle de 2025 et en préparant une succession à la tête de l’État, Ouattara cherche à garantir une transition ordonnée et la continuité des politiques du RHDP. Toutefois, le succès de cette stratégie dépendra de sa capacité à répondre aux préoccupations des électeurs et à gérer les rivalités au sein de son propre camp. Dans ce contexte, la dynamique politique de la Côte d’Ivoire reste à surveiller de près, car elle pourrait influencer non seulement l’avenir du RHDP, mais aussi celui du pays tout entier.

LA REDAC’

Articles récents

Vent de fronde au PPA-CI : Mesmin Komoé et plusieurs cadres plient bagage

27 juillet 2026

EXCLUSIF_Mouvement des Générations Capables (MGC) : la vague de démissions fait planer le spectre d’une crise

26 juillet 2026

Camp international de reboisement: l’enracinement de l’Espoir à Kani Bandama-Rouge

25 juillet 2026

L’Horloger des Marchés : Hippolyte Georges Agkpo, le stratège ivoirien qui dompte Wall Street.

25 juillet 2026

Transports en Côte d’Ivoire : le scandale « ATS », un pactole à plusieurs milliards au cœur du Ministère

24 juillet 2026

Un détournement de plus de 39 milliards fcfa à la DGI porté devant le pôle pénal économique et financier

24 juillet 2026

Aéroport d’Abidjan : Comment une simple feuille de papier va rapporter 1,75 milliard de FCFA.

23 juillet 2026

Carnet noir / Émile Constant Bombet : La fin d’un géant de la haute administration ivoirienne

22 juillet 2026

Gouvernance et Portefeuille de l’État : La méthode Mariatou Koné à l’épreuve des chiffres.

22 juillet 2026

Golfe de Guinée : Comment la Côte d’Ivoire a bâti une marine d’élite en 14 ans

22 juillet 2026

Cacao ivoirien (Volet II) : anatomie d’une crise à 291 milliards de FCFA !

22 juillet 2026

CAIDP : la mise en scène d’une institution qui tourne à vide

21 juillet 2026

EDITORIAL/ AFFAIRE AGROUSOURCE DE ACHIROU : BALLE AU CENTRE !

21 juillet 2026

Blanchiment présumé : l’actrice Marie-Paule Adjé au cœur de la stratégie de crise d’Agrosources.

20 juillet 2026

Filière café-cacao : sept zones d’ombre dans la commercialisation de l’or brun

19 juillet 2026

EXCLUSIF – Malaise au MGC de Simone Gbagbo : Le 1er vice-président et porte-parole, Pr TRAORÉ Klognimban Dominique, démissionne

18 juillet 2026

Comment la direction de l’INFAS court-circuite les directives d’Anne Ouloto.

16 juillet 2026

Affaire Monogaga : Nouveau report judiciaire sur fond de harcèlement et de passe-droits

15 juillet 2026

Côte d’Ivoire : L’ICRG-GAFI en mission d’évaluation finale du 8 au 11 septembre 2026

14 juillet 2026

Narcisse Sépy Yessoh face au retour des réseaux de fraude à l’ÉNA.

13 juillet 2026
Activer les Notifications OK Non merci