Suite aux révélations de Enquête Media , la tempête a secoué les couloirs de l’École nationale d’administration (ÉNA). Auditions à huis clos, réunions de crise à répétition et sanctions disciplinaires ont fini par faire tomber plusieurs têtes au sein de l’institution.

À la manœuvre de cette reprise en main, le directeur général, Narcisse Sépy Yessoh. Ce technocrate chevronné tente de stabiliser le navire et de restaurer le crédit de l’école. Un premier cap important a été franchi le jeudi 9 juillet avec l’affectation dans les différentes filières des 219 élèves du Cycle Moyen, au terme de leur tronc commun. Malgré d’intenses pressions politiques et de réseaux extérieurs, Sépy Yessoh est parvenu à maintenir un « semblant d’étanchéité » sur ce processus.
Le business des filières « de l’or »
Mais les réseaux d’influence n’ont pas désarmé, déplaçant leur stratégie sur les promotions des Cycles Moyen-Supérieur (391 élèves) et Supérieur (314 élèves), actuellement dans la dernière ligne droite de leur cursus. Selon nos informations, deux circuits de fraude bien rodés ont repris du service dans la plus grande discrétion :
La fuite des sujets d’examens, orchestrée par un premier cercle de formateurs et de collaborateurs de l’administration. Le tarif négocié s’élève à près de 500 000 francs CFA (env. 760 euros) par épreuve.
La manipulation des notes, localement baptisée la « levure ». Pour faire gonfler artificiellement les moyennes et garantir un classement d’excellence, les enchères grimpent jusqu’à 4 millions de francs CFA (environ 6 100 euros).
L’enjeu de ce marché clandestin est stratégique : décrocher le haut du classement pour s’assurer une affectation d’office dans les régies financières de l’État, particulièrement lucratives (Douanes, Trésor, Impôts).

Ce système de cooptation par l’argent marginalise de facto les élèves issus de milieux modestes. Ne comptant que sur leurs compétences, ces derniers assistent, impuissants, au verrouillage des meilleures places par les réseaux financiers.
La direction générale reste sous haute surveillance.
@Enquetemedia