Le tribunal Pôle Pénal Économique et Financier (PPEF) a connu une effervescence particulière ce mardi 7 avril. Au cœur des débats : l’examen du dossier de blanchiment de capitaux visant la galaxie financière de l’opposant Stéphane Kipré, desormais ex-vice-président du PPA-CI (Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire). Si l’homme d’affaires et homme politique bénéficie de son immunité parlementaire en tant que député, ses lieutenants et ses structures parapubliques sont désormais sous le feu des projecteurs judiciaires.
Un casting de haut vol à la barre
Deux figures centrales de l’appareil SK Global Investment ont affronté le feu des questions du parquet. Stéphane Kipré, bien que couvert par son immunité pour des poursuites directes, sa « présence » dans le dossier en tant qu’administrateur de SK Global Investment Côte d’Ivoire est scrutée de près. Prince Arthur Dally, Maire de Lakota et directeur administratif et financier (DAF) du groupe, il est l’un des piliers opérationnels du dispositif financier de l’opposant.

Le dossier, d’une complexité technique certaine, implique onze prévenus au total. Six personnes physiques et cinq entités morales. Outre les sociétés pivots du groupe — SK Global Investment Group SA, Prince Capital Limited et JYL International Group Consulting Limited — la procédure éclabousse également le secteur bancaire ivoirien.
Le secteur bancaire dans le viseur
Fait rare dans ce type de procédure, deux institutions de la place sont directement citées : Guaranty Trust Bank (GT Bank) SA et Banque de l’Union (BDU-CI). Les juges cherchent à comprendre les mécanismes de flux financiers entre ces banques et les sociétés de conseil et d’investissement de Stéphane Kipré. L’enjeu est de déterminer si les procédures de conformité (compliance) et de lutte contre le blanchiment (LBC) ont été délibérément contournées ou simplement ignorées.
A suivre …