C’est une affaire aux contours de plus en plus troubles qui secoue les couloirs du mythique Golf Hôtel d’Abidjan. Alors que le processus de restructuration de l’établissement — fleuron du patrimoine hôtelier ivoirien — devait s’accompagner de mesures sociales robustes, des soupçons de collusion et de rétrocommissions viennent gripper la machine.
Au cœur du dispositif, Georges Angaman, l’influent patron de la société de gestion, dont les manœuvres récentes suscitent l’ire des salariés et l’interrogation des observateurs. Et le nœud du conflit, c’est le rabotage des mesures d’accompagnement.
Le deal initial paraissait clair. En échange de la mise en œuvre du plan de redressement, un volet social prévoyait 24 mois (02 ans) de mesures d’accompagnement pour les travailleurs impactés. Or, selon nos sources, ce délai a été brutalement réduit à 12 mois (01 an), sans justification opérationnelle convaincante.

Les acteurs de l’axe Abidjan-Plateau
L’hypothèse d’une vaste entreprise de « corruption » commence à prendre corps. Les regards se tournent vers une alliance d’intérêts entre trois pôles :
Georges Angaman, le chef d’orchestre. Il est soupçonné d’avoir activé ses réseaux financiers pour alléger la facture sociale du repreneur au détriment des employés.
Ensuite, l’Inspection du Travail, censée être le garant de la légalité et de l’équité, l’institution est pointée du doigt. Certains inspecteurs auraient validé le passage à une année de couverture sociale après avoir bénéficié de « largesses » visant à fermer les yeux sur les vices de forme de la procédure.
Et enfin la SONAPIE (Société Nationale de Patrimoine Immobilier de l’État). Au sein de la structure étatique, des cadres auraient facilité cet arbitrage en faveur de la direction du Golf Hôtel, court-circuitant les directives de la tutelle.


Le jeu trouble des délégués du personnel
Plus surprenant encore est le mutisme, voire l’assentiment, de certains délégués du personnel. Initialement mandatés pour défendre le « pack » de deux ans, plusieurs représentants syndicaux semblent avoir été « neutralisés ».
Le modus operandi dénoncé en coulisses est classique : des « enveloppes individuelles » et promesses distribuées lors de réunions informelles pour casser le front de résistance syndical. Résultat, le personnel se retrouve orphelin de ses porte-voix habituels face à un Angaman George qui joue la montre et la division.
Pour l’État ivoirien, ce dossier est une bombe à retardement. Alors que le gouvernement affiche une volonté de « social » pour l’année en cours, le scandale du Golf Hôtel fait tache. La base, qui se sent trahie, menace de porter l’affaire devant les juridictions supérieures et d’interpeller directement la Présidence.
Source: Enquête Media 2/04/2026
Ph/DR