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Mise en place de l’interprofession Café-Cacao : Le braquage silencieux d’Yves Brahima au profit d’une ONPCCI fantôme !

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, traverse une crise inédite dans l’organisation de son secteur café-cacao, pilier historique de son économie. Au centre de la tourmente : Yves Brahima, Directeur Général du Conseil du Café-Cacao (CCC). Accusé par une large frange des acteurs du secteur d’avoir orchestré une manœuvre opaque, il aurait imposé une structure inconnue, l’Organisation Nationale des Producteurs de Café-Cacao de Côte d’Ivoire (ONPCCI), comme unique représentante des producteurs au sein de la nouvelle interprofession.

Tout commence avec une note officielle, signée par le vice-président du comité technique chargé du processus de mise en place de l’interprofession, qui déclenche un véritable séisme. Ce document désigne l’ONPCCI comme seule organisation remplissant les critères pour représenter les producteurs ivoiriens. Or, cette structure a été créée en janvier 2025, soit à peine six mois avant sa désignation. Un timing suspect pour une organisation censée être « inclusive, transparente et représentative », selon les principes affichés.

Toujours selon la note, l’ONPCCI contrôlerait 53 % de la production nationale, un chiffre renforcé par un rapport du cabinet d’audit JAADEx évoquant un impressionnant taux de 63 %. Ces statistiques, jugées « invraisemblables » par de nombreux professionnels du secteur, sont accusées de relever d’une « imposture statistique » ou d’un « coup de communication déloyal ». « Un exploit digne du Guinness des records », ironise un cadre d’une coopérative historique, abasourdi par ce qu’il considère comme une « mise en scène grotesque ».

Une organisation sortie de nulle part

L’ONPCCI, jusqu’ici inconnue des réseaux traditionnels, n’a jamais démontré sur le terrain la moindre activité commerciale. Ni les fédérations historiques, ni les grandes coopératives régionales ne reconnaissent son existence légitime. Le flou autour de son influence pose des questions fondamentales : comment un cabinet comme JAADEx a-t-il pu mesurer sa représentativité sans données fiables ni traçabilité ?

Pire encore, des sources internes affirment que Yves Brahima aurait personnellement facilité la transmission du fichier confidentiel de recensement des producteurs à l’ONPCCI. Si cela se confirme, cela constituerait une grave violation de la confidentialité et un manquement grave aux règles d’impartialité d’une administration publique.

Le président de l’ONPCCI : un acteur aux multiples casquettes

Le malaise ne s’arrête pas là. Le président de l’ONPCCI cumule les fonctions : exportateur agréé, fournisseur officiel de sacheries pour le compte du CCC, et transformateur. Ce mélange des genres est dénoncé par de nombreux observateurs comme un conflit d’intérêts manifeste. « Comment peut-on défendre les petits producteurs quand on est à la fois leur acheteur et leur fournisseur ? », s’indigne un délégué régional.

Cette situation alimente la suspicion d’un verrouillage délibéré de l’interprofession au profit d’intérêts privés, une « mascarade » selon un acteur du secteur à Gagnoa, qui parle sans détour d’un « braquage silencieux sur le dos des producteurs ». Plusieurs organisations de producteurs, coopératives et acteurs de terrain lancent un appel pressant au Président Alassane Ouattara. Ils y voient un enjeu national, non seulement pour la justice et la transparence dans un secteur stratégique, mais aussi pour préserver la crédibilité même de l’interprofession ivoirienne. Celle-ci doit pouvoir assurer régulation, protection des revenus et équité dans la chaîne de valeur. « L’interprofession n’est pas un cadeau à offrir à des intérêts privés ou des proches », confie un responsable sous couvert d’anonymat. « Elle doit naître de la base, portée par ceux qui vivent quotidiennement les réalités du terrain. »

Dans plusieurs régions clés – Daloa, Man, Soubré, San Pedro –, les producteurs multiplient les réunions d’urgence pour organiser la riposte. Manifestations, marches, recours en justice sont envisagés. La grogne est palpable, et le climat s’électrise.

Le café-cacao ivoirien, fleuron économique du pays, réclame une interprofession libre, légitime et démocratique, loin des manœuvres opaques. Si aucune mesure n’est prise, préviennent certains leaders, le secteur pourrait plonger dans une crise sociale profonde aux conséquences imprévisibles pour toute la Côte d’Ivoire.

Ali Sanogo, EnqueteMedia  

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