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Affaire Porteo / Tentatives de légitimation et de banalisation de la corruption et du blanchiment impliquant les ministres Tené Birahima et Amédée Kouakou…

L’affaire révélée par Africa intelligence le 23/12/2024 qui secoue actuellement l’actualité en Côte d’Ivoire, impliquant Tené Birahima, ministre d’État à la Défense, Amédée Kouakou, ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier, et le PDG de Porteo BTP, Hassan Dackallah, est bien plus qu’une simple controverse politique. Elle soulève de sérieuses questions sur l’intégrité des autorités publiques et la manière dont certaines officines de communication s’efforcent de légitimer des pratiques douteuses, au lieu de dénoncer la corruption et le blanchiment d’argent. Le rôle de ces officines aujourd’hui se réduit à minimiser les faits, voire à justifier des comportements qui, sous d’autres juridictions, seraient immédiatement interprétés comme des abus de pouvoir. Mais faut-il accepter cette approche qui tend à banaliser des accusations sérieuses en l’absence de preuves tangibles ?

La corruption : Un phénomène grave, loin d’être anodin

Le terme corruption est défini par le Code pénal français comme l’acte de soudoyer ou de suborner une autorité publique afin d’obtenir des avantages, des décisions ou des actes relevant de ses fonctions. Deux formes principales de corruption existent :

  • La corruption active, où un particulier offre des avantages à un fonctionnaire public pour influencer une décision.
  • La corruption passive, où un fonctionnaire accepte des avantages pour réaliser ou omettre un acte dans l’exercice de ses fonctions.

Les accusations pesant sur les ministres Tené Birahima et Amédée Kouakou n’ont rien de négligeable. En l’occurrence, des services rendus par Hassan Dackallah, PDG de Porteo BTP, comme l’utilisation d’un jet privé ou la mise à disposition d’appartements, peuvent être perçus comme des avantages induits, et donc constituer des pots-de-vin, si ces services sont offerts en échange de décisions spécifiques ou d’actes administratifs.

Dans le cadre de ces accusations, il est évident que ces avantages matériels peuvent être interprétés comme des tentatives d’influencer les ministres dans leurs décisions officielles. Sans la moindre preuve que ces cadeaux étaient donnés de manière désintéressée ou simplement sociales, il est difficile de croire qu’ils ne sont pas liés à une volonté d’obtenir une contrepartie dans l’exercice des fonctions publiques.

Les insuffisances des officines de communication : Pourquoi minimiser la gravité des faits ?

Les officines de communication proches de deux ministres , qui se précipitent à défendre les ministres incriminés, tentent de réduire la portée de l’affaire. Leur principal argument : l’absence de documents avérés ou de preuves concrètes. Cependant, cette défense alerte sur de multiples questions.

Premièrement, il est important de rappeler que l’absence de preuves formelles ne signifie pas que les faits n’ont pas eu lieu. Le manque de documents officiels ou de témoignages directs ne doit pas faire office de justification pour minimiser ou excuser des comportements potentiellement criminels. Au contraire, cela ne fait qu’illustrer le flou qui entoure cette affaire et le besoin urgent d’enquêtes approfondies.

De plus, ces officines ignorent un principe fondamental du droit pénal : la présomption d’innocence. Certes, les accusés sont présumés innocents tant qu’une condamnation n’est pas prononcée par un tribunal. Mais cela ne signifie en aucun cas qu’ils sont à l’abri d’une enquête sérieuse et approfondie. Le rôle des médias et des communicants n’est pas de servir de bouclier pour des individus accusés, mais de garantir la transparence et d’apporter une lumière objective sur des affaires de cette envergure.

Le lien entre les services rendus et les actes de corruption : un vide juridique toujours dangereux

Les défenseurs des ministres accusés tentent de réduire la portée des accusations en argumentant que les services rendus par Hassan Dackallah ne sont rien de plus que des gestes d’amitié ou des actions légitimes sans arrière-pensée. Cependant, une telle position néglige le contexte dans lequel ces services ont été fournis.

Le jet privé, notamment, n’est pas un service banal qu’un homme d’affaires mettrait à la disposition de n’importe qui sans attendre quelque contrepartie. De même, l’hébergement du fils de l’un des ministres dans l’un des appartements du PDG de Porteo BTP ne peut être interprété que dans un cadre précis : l’éventualité d’une connexion suspecte entre les deux parties.

Ces services étaient destinés à obtenir des faveurs en retour, en particulier dans un secteur où l’obtention de marchés publics et de contrats gouvernementaux est cruciale pour les entreprises de BTP ?  Si l’on accepte l’idée que de tels services ne sont pas des avantages induits, pourquoi les ministres concernés ne justifient-ils pas publiquement leurs relations avec l’homme d’affaires et la nature de ces échanges ?

La présomption d’innocence : Mais l’enquête doit-elle être bloquée par des officines ?

En tant que principe fondamental du droit pénal, la présomption d’innocence doit bien entendu être respectée dans ce dossier. Cependant, cela ne justifie en aucun cas la minimisation des faits ou l’oubli de l’importance d’une enquête rigoureuse.

Les accusations de corruption et de blanchiment d’argent doivent être prises au sérieux et faire l’objet de vérifications approfondies. En effet, de telles accusations n’ont pas seulement des implications juridiques mais aussi politiques, économiques et sociales. Elles touchent à la crédibilité de l’État et à l’intégrité des institutions publiques. Si les ministres en question sont innocents, les preuves doivent être produites dans le cadre d’une enquête transparente. Si, au contraire, les accusations sont fondées, il est de l’intérêt de la justice de ne pas permettre à des lobbies ou officines de communication de masquer la vérité.

LA REDACTION

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