Abidjan – Information exclusive : Pour la première fois depuis le début du suivi, la Côte d’Ivoire passera devant le Groupe de Coopération Internationale de Révision ICRG en session de niveau L3. Ce format L3, le plus élevé dans la procédure du GAFI, est réservé aux pays dont le dossier technique est jugé suffisamment avancé. Il permet une décision de radiation directement proposée à la plénière du GAFI sans passage par une revue intermédiaire.

Selon des informations recueillies auprès d’une source proche du dossier, une délégation de haut niveau de l’ICRG séjournera à Abidjan du 8 au 11 septembre 2026.
Un agenda en deux phases
Du 8 au 9 septembre 2026, les experts procéderont à une évaluation sur place du rapport de sortie de la Côte d’Ivoire. L’objectif est de vérifier l’effectivité et la durabilité des réformes LBC/FT adoptées. Les points de contrôle porteront notamment sur la saisie et la confiscation des avoirs criminels, la supervision des secteurs à risque, le traitement des Déclarations d’Opérations Suspectes et la coopération judiciaire.
Du 10 au 11 septembre 2026, l’ICRG tiendra des séances de face-à-face. Il s’agira d’examiner les progrès relatifs aux plans d’actions des autres pays de la région également placés sous surveillance.
Comprendre l’ICRG et les enjeux de la « liste grise »
L’ICRG ou International Co-operation Review Group est l’organe technique du GAFI. Il identifie les juridictions présentant des déficiences stratégiques en matière de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme, suit la mise en œuvre de leurs plans d’actions et recommande leur inscription ou leur radiation de la liste de surveillance.

La « liste grise », officiellement “Juridictions sous surveillance renforcée”, concerne les pays qui se sont engagés politiquement à corriger rapidement leurs lacunes avec l’appui du GAFI. L’inscription entraîne un renchérissement des transactions internationales, une vigilance accrue des banques correspondantes et une obligation de reporting tous les quatre mois.
La procédure de sortie comporte trois étapes : adoption des réformes, évaluation sur place pour tester leur application effective, puis radiation en plénière. La visite du 8-9 septembre correspond à l’étape 2. Le passage en session L3 est donc déterminant : si l’évaluation est concluante, la recommandation de sortie est transmise directement.
Un enjeu macroéconomique majeur
Une recommandation positive de l’ICRG lors de cette session L3 ouvrirait la voie à une radiation officielle dès la prochaine plénière du GAFI. Pour le système financier ivoirien, c’est la perspective d’une baisse du coût du risque-pays, d’un assouplissement des relations de correspondants bancaires et d’un signal fort adressé aux investisseurs et agences de notation.
Les autorités ivoiriennes ont indiqué avoir finalisé l’ensemble des livrables requis au titre du plan d’action et mobilisé l’ensemble des ministères et régulateurs concernés pour la réussite de cette évaluation.
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