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Réintégration de Koné Krémitcha : Quand le ministre Ibrahim Kalil Konaté sème le désordre au sein de l’ARTCI !

Le parcours de Koné Krémitcha au sein de l’Autorité de régulation des télécommunications et des TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI), loin d’être un simple feuilleton administratif révèle les rouages internes de l’ARTCI, mais aussi les conflits d’intérêts qui secouent cette institution publique. Un enchevêtrement d’ambitions, de rivalités et de calculs politiques qui pourrait bien masquer des enjeux bien plus profonds.

Le licenciement : insubordination ou calculs stratégiques ?

Le 5 décembre 2023, Koné Krémitcha, chef de service sponsoring a la direction de la communication, est licencié pour « fautes lourdes » par la direction de l’ARTCI. Selon les documents internes en notre possession, cette décision est officiellement motivée par des actes répétés d’insubordination. En particulier, il lui est reproché d’avoir entravé le processus de mise en place du Comité Santé et Sécurité au Travail depuis juillet 2023. La sanction est nette : une lettre de licenciement, un certificat de travail, ainsi que des chèques pour le solde de tout compte, le tout sous le contrôle d’un commissaire de justice.

Ce licenciement, qui semble s’appuyer sur des motifs administratifs, ne cache-t-il pas une rivalité de plus grande envergure au sein de l’ARTCI ? En effet, Koné Krémitcha n’était pas un simple agent : syndicaliste engagé, proche de certaines figures du PDCI, il aurait, selon plusieurs sources internes, joué un rôle dans la chute de l’ex-DG Bilé Diemeleou.

La réintégration : retour triomphal ou manœuvre politique ?

Le 22 janvier 2025, contre toute attente, Koné Krémitcha est « réintégré » au sein de l’ARTCI. Après avoir perçu 42 millions de FCFA en indemnités de licenciement et exigé 12 millions de FCFA supplémentaires en dommages et intérêts, l’ancien « ex-agent » reprend ses fonctions avec un statut quasi-renouvelé. Mais selon nos sources , cette somme de 12 millions de FCFA aurait été réglée directement par le DG actuel de l’ARTCI, Ouattara Lakoun.

À peine réintégré, Koné Krémitcha aurait des projets de promotion, évoquant même une possible nomination à un poste de chef de département. Mais si cette réintégration semble favorable à Koné Krémitcha, devra-t-il rembourser les 42 millions de FCFA qu’il a perçus à titre d’indemnités, étant donné que sa réintégration annule en quelque sorte les conditions qui avaient motivé son départ initial ?

Une réintégration soumise à un conseil de régulation politique

Le processus de licenciement et de réintégration de Koné Krémitcha a été validé par le Conseil de régulation de l’ARTCI, un organe composé de personnalités influentes, dont Diakité Coty, Patricia Armand, Sako Mamadou (fils de Sako Fatiga, ex-vice-président de l’Assemblée Nationale), et plusieurs proches du pouvoir en place. C’est ce même Conseil qui, sur demande du ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation Ibrahim Kalil Konaté (un proche parent de Koné Krémitcha), a finalement validé sa réintégration, faisant de cette affaire un enjeu de pouvoir et de relations personnelles. Cette réintégration ne pourrait-elle pas être le fruit de calculs politiques, visant à renforcer des alliances internes et à régler des comptes ? Koné Krémitcha lui-même n’a pas caché ses ambitions politiques.

Koné Krémitcha

La manœuvre politique : de l’insubordination à l’ingérence

Le parcours de Koné Krémitcha au sein de l’ARTCI ne se résume pas à un simple conflit de gestion interne. Ancien salarié de l’entreprise Koz Comium, il a bénéficié de l’appui de figures influentes du PDCI, comme l’ex-DG Bile Diemeleou, avec lequel il avait des liens forts. Après avoir contribué à la chute de ce dernier, il a consolidé ses relations avec des personnalités et s’est attelé à renforcer sa position au sein de l’ARTCI.

Le départ de plusieurs directeurs de l’ARTCI, tels que Diamala Kouassi, Sy Benoît ou Diakité Aïcha, a été négocié de manière discrète, avec des indemnités considérables allant de 120 millions à 210 millions de FCFA. Mais dans ce jeu de pouvoir, Koné Krémitcha a su manœuvrer habilement, en jouant sur ses relations avec l’ex- DG Namahoua Bamba-Touré, successeure de Bilé Dieméléou pour obtenir la tête de certains directeurs.

Une affaire plus complexe qu’il n’y parait

La réintégration de Koné Krémitcha, loin d’être une simple décision administrative, pourrait-être le fruit d’une confluence d’intérêts : à la fois personnels, politiques et institutionnels. Alors que la situation continue de se dénouer, une question persiste : Koné Krémitcha pourra-t-il réellement servir les intérêts de l’ARTCI, ou est-il simplement un pion dans un jeu de pouvoir plus vaste et plus opaque ? Le temps nous le dira, mais une chose est certaine : cette affaire est loin d’être un simple épisode administratif.

Encadré

La pirouette mal inspirée de Ibrahim Kalil Konaté, ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation

Lorsqu’un ministre se « permet » de justifier, en petit comité, une décision administrative aussi douteuse que la réintégration de Koné Krémitcha à l’ARTCI, il est légitime de se demander si les fondements de cette décision sont vraiment aussi solides qu’il ne veut bien le faire croire. Le ministre Ibrahim Kalil Konaté, tentant de qualifier cette réintégration de « réembauche », fait une pirouette mal inspirée. La distinction entre « réintégrer » et « réembaucher » est pourtant évidente, et le ministre semble délibérément flouter cette frontière pour donner un vernis de légitimité à une manœuvre qui, dans le contexte actuel, paraît suspecte. La réintégration, c’est le rétablissement d’une personne dans ses droits, la restitution de ce dont elle avait été privée. En revanche, « reembaucher » signifie offrir à quelqu’un un emploi, de manière nouvelle et indépendante de toute précédente relation de travail. Ce terme ne correspond en rien à ce que Koné Krémitcha a vécu. Il n’a pas été réembauché comme un nouvel arrivant sur le marché de l’emploi, mais réintégré après un licenciement pour faute lourde, une décision validée par un tribunal. Parler de « réembauche » dans ce contexte, c’est minimiser l’aspect juridique et les conséquences d’un licenciement qui a eu lieu. Konaté Kalil semble ainsi chercher à détourner l’attention des citoyens et des observateurs de la nature profondément politique de cette affaire. Car, derrière la décision judiciaire, se cache une réintégration qui repose sur des réseaux d’influence, des intérêts politiques et des alliances stratégiques. En tentant de présenter la réintégration comme une simple « réembauche », le ministre Ibrahim Kalil Konaté veut peut-être apaiser les doutes, mais il ne fait qu’enfoncer davantage le clou des suspicions qui entourent cette décision.

LA REDAC

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