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Le Camp du 43e Bataillon d’Infanterie de Marine (BIMA) sera-t-il loué par l’État ivoirien ?

À partir de janvier 2025, le Camp du 43e Bataillon d’Infanterie de Marine (BIMA) de Port-Bouët, une des principales infrastructures militaires de la Côte d’Ivoire, sera officiellement rétrocédé aux Forces Armées de Côte d’Ivoire (FACI). Cette décision, marquée par un discours du Président Alassane Ouattara le 31 décembre 2024, représente une étape sérieuse dans la réorganisation de l’armée ivoirienne et dans le renforcement de la souveraineté nationale. Mais le Camp du 43e Bataillon d’Infanterie de Marine (BIMA) sera-t-il loué par l’État ivoirien vu qu’il y a quelques années la France en a acquis les « droits fonciers » ?  

Une rétrocession stratégique pour l’avenir de la défense ivoirienne

Pour marquer cette nouvelle ère pour l’armée ivoirienne, le Président Alassane Ouattara a annoncé que le camp porterait désormais le nom du Général Ouattara Thomas d’Aquin, premier Chef d’État-Major de l’Armée ivoirienne et militaire de carrière au parcours exceptionnel. Un hommage à un homme qui a marqué de son empreinte l’histoire de la défense nationale de la Côte d’Ivoire, consolidant ainsi le lien symbolique entre la souveraineté nationale et la modernisation de ses forces armées.

Le 43e BIMA, stationné à Port-Bouët près de l’aéroport d’Abidjan, représente une installation stratégique d’importance majeure pour les relations militaires entre la France et la Côte d’Ivoire. Ce camp, qui a été un point central pour les forces françaises en Afrique de l’Ouest, a une histoire complexe en termes de droits fonciers. Il y a quelques années, la France a acquis des droits fonciers sur la parcelle d’environ 230 hectares qui abrite ce camp, une situation rendue nécessaire par les accords bilatéraux entre les deux pays.

L’accord signé en 2012, dans le cadre du Traité de Partenariat de Défense, a permis à la France de maintenir une présence militaire sur le sol ivoirien après la crise de 2002-2007. Ce traité stipule que les forces françaises stationnées en Côte d’Ivoire sont exemptées de taxes et d’impôts sur les biens qu’elles utilisent. Ce privilège a facilité la présence de la France dans des bases telles que le Camp du 43e BIMA.

Cependant, la question des droits fonciers et des installations militaires a été un point de friction. En 2020, une lettre de l’ambassadeur français en Côte d’Ivoire a précisé que la France maintiendrait ses droits sur la parcelle en question, tout en acceptant l’aménagement de projets nationaux comme la Place Akwaba, dans le respect du traité de 2012. Mais les choses ont évolué avec la volonté de la Côte d’Ivoire de reprendre la gestion complète de ses installations militaires et de renforcer sa souveraineté en matière de défense.

Le Camp du 43e Bataillon d’Infanterie de Marine (BIMA) sera-t-il loué par l’État ivoirien ?

Le Camp du 43e BIMA sera donc rétrocédé sous forme de location ? Cette solution, bien qu’efficace pour éviter une rupture totale avec la France, soulève des interrogations légitimes sur le coût financier à long terme pour l’État ivoirien. En effet, ce n’est pas la première fois que des discussions sur la gestion foncière des bases militaires françaises en Côte d’Ivoire suscitent des débats.

La rétrocession du Camp du 43e BIMA aux Forces Armées de Côte d’Ivoire, bien que marquée par des enjeux financiers et logistiques, s’inscrit dans un projet plus large de renforcement de l’autonomie militaire et de la souveraineté ivoirienne. À l’ère de la régionalisation des conflits et des défis sécuritaires de plus en plus complexes, cette initiative de récupération de sites stratégiques doit être saluée comme un tournant dans la consolidation de l’indépendance des forces armées ivoiriennes.

La voie reste ouverte pour de nouvelles discussions entre les autorités françaises et ivoiriennes sur d’autres aspects de la coopération militaire et sur la manière de continuer à garantir la sécurité et la stabilité de la région.

LA REDAC’

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