Détenue à 73 % par l’État ivoirien, la société Côte d’Ivoire Engineering (CI Engineering, ex-Ateliers des travaux neufs – ATN) traverse la crise la plus aiguë de son histoire. Selon nos informations, la soixantaine d’employés de l’entreprise cumule désormais huit mois d’arriérés de salaires. Une situation de précarité extrême qui met en lumière les défaillances structurelles d’une entité sous perfusion depuis plus d’une décennie.
Une gouvernance gériatrique dans le viseur
Au cœur des griefs du personnel se trouve le management de l’entreprise, confié depuis trois ans à des cadres à la retraite. La directrice générale, Akissi Carine K. Traoré, multiplie les réunions de crise avec les salariés. Face à la grogne montante, la direction générale tente de temporiser en appelant à la résilience, tout en rejetant la responsabilité du marasme sur la tutelle ministérielle (le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie), accusée de bloquer les appuis financiers d’urgence.

Désespérés, les syndicats de CI Engineering réclament désormais une inspection technique et financière des locaux de Vridi par le ministre de tutelle, afin de constater l’arrêt quasi-total de l’outil de production.
Le mirage industriel de Vridi
Cette crise sociale cache une déroute financière profonde. Sur le papier, CI Engineering affiche pourtant de solides actifs. Notamment, un site industriel stratégique de 3,5 hectares situé en zone industrielle de Vridi (Abidjan), un positionnement historique (fondé en 1976 sous l’égide de Palmindustrie) comme acteur clé de la chaudronnerie et de la maintenance industrielle dans la sous-région.

La chute en chiffres : Des atouts qui n’ont pas suffi à endiguer l’effondrement des indicateurs financiers. Le chiffre d’affaires de la société a enregistré une chute brutale de 32 %, plafonnant à seulement 364,7 millions de FCFA (environ 556 000 euros).
Cette tendance baissière, amorcée dès 2020, s’explique par l’incapacité de l’entreprise à renouveler son portefeuille de clients et par le repli drastique des revenus tirés de la vente de ses produits fabriqués. À Abidjan, le dossier CI Engineering s’impose désormais comme une épine dans le pied du gouvernement, contraint d’arbitrer rapidement entre une restructuration lourde ou une liquidation pure et simple.
LA REDAC’