CONFÉRENCE DE PRESSE DU PCRCI
Thème : Peuple de côte d’ivoire, que faire face aux risques politiques qui pèsent sur l’organisation des élections présidentielles ?
Bonjour Messieurs et Mesdames les journalistes,
Bonjour chers camarades du Comité Central du Parti Communiste Révolutionnaire de Côté d’Ivoire et camarades membres des structures de base.
Comme nous le savons tous, le premier tour des élections présidentielles en Côte d’Ivoire est prévu pour le 25 octobre 2025.
Ces élections se préparent dans un contexte international de confrontation militaire dont la guerre USA-Iran, Israël-Palestine, Israël-Iran et l’enlisement du conflit en Ukraine orchestré et entretenu par l’impérialisme américain et ses alliés de l’OTAN, sont des manifestations éloquentes. Elles surviennent également dans un contexte sous régional d’instabilité politique, notamment au Sahel où l’impérialisme français, en perte de vitesse, tente de reprendre le contrôle par l’agression permanente des pays de l’AES par des bandes armées terroristes à sa solde.
L’élection présidentielle de 2025 en CI fait suite à celle de 2020, dont le souvenir reste vivace en raison de son caractère antidémocratique et des graves irrégularités et violences qui l’ont entachée. En 2020, la candidature anticonstitutionnelle du chef de l’État Alassane Ouattara pour un troisième mandat, imposée aux Ivoiriens par la force, a provoqué des confrontations entrainant de nombreux dommages matériels et pertes en vies humaines. À ce jour, les familles des victimes pleurent toujours leurs morts sans justice ni dédommagement. Le sort des auteurs des exactions commises contre les Ivoiriens en lutte contre l‘arbitraire comme le jeune Toussaint qui s’opposait au 3eme mandat illégal de Ouattara et exigeait des élections démocratiques, reste inconnu.

Messieurs et Mesdames les journalistes,
Octobre 2025 s’annonce sans lendemain meilleur, après cinq années supplémentaires de gestion autocratique du RHDP, marquées par une politique de soumission aux puissances impérialistes, d’aliénation de la souveraineté de notre pays et de bradage de ses richesses, entravant toute marche vers l’édification d’une république démocratique, moderne, populaire, anti-impérialiste et souveraine.
Octobre 2025 s’annonce surtout dans un contexte national de faillite de l’Etat : la cherté de la vie et les déguerpissements brutaux, parfois sans dédommagement des couches les plus défavorisées de la société, aggravent la précarité des masses populaires.
Octobre 2025 se prépare aussi dans un climat de déni de démocratie et de liberté, de répression systématique des luttes laborieuses par le pouvoir RHDP et de mépris envers tous ceux qui souffrent et se plaignent.
La Constitution rétrograde de 2016, l’ajustement juridique du code électoral qui en découle, et le découpage électoral arbitraire suffisent à démontrer sans risque d’erreur que ces élections, comme les précédentes, ne seront pas démocratiques et risquent de déboucher sur une crise politique meurtrière.
Chers journalistes,
De quelles élections crédibles et démocratiques la Côte d’Ivoire pourrait-elle se vanter quand le conseil constitutionnel est chevillé au pouvoir RHDP dont le chef de fil est lui-même candidat ?
Quelles élections crédibles et démocratiques notre pays peut-il organiser quand la CEI, commission dite indépendante chargée de piloter le processus joue ouvertement la carte RHDP ?
Tant que notre Constitution fera du chef de l’État un être omnipotent, lui permettant d’interférer avec les pouvoirs législatif et judiciaire comme le permet celle de 2016 (qui lui confère le droit de nommer une partie des élus et des chefs d’institutions judiciaires), l’expression de la volonté des électeurs sera biaisée et les décisions des juges, notamment en matière électorale, seront compromises.
Hélas, s’ajoutant à ce sombre tableau, une politique volontaire du RHDP d’exclure la quasi-totalité des challengers du chef de l’Etat sortant qui, malgré son inéligibilité avérée depuis 2020, s’apprête à se présenter contre vents et marrées. À ces aspects s’ajoutent des difficultés liées au recensement des citoyens, aux conditions de participation des électeurs avec la paupérisation qui s’accentue et au parrainage électoral, aggravant les irrégularités qui entacheront la crédibilité du scrutin.
Au regard de ce qui précède, il est évident que pour le PCRCI et dans l’intérêt des électeurs et du peuple de Côte d’Ivoire, aller aux élections le 25 octobre 2025, c’est accompagner le candidat du RHDP dans sa forfaiture et le holdup électoral qu’il prépare
C’est pourquoi, pour réunir toutes les conditions garantissant une élection démocratique, juste et inclusive,
- Le PCRCI exige le report de cette élection à une date ultérieure.
- Le PCRCI appelle le peuple de Côte d’Ivoire et toutes les forces politiques de la nation à se rejoindre à lui pour amplifier l’écho de cette proposition.
- Le PCRCI exige la tenue des assises de la république pour mettre en place les fondements d’une république démocratique, moderne, populaire, anti-impérialiste et souveraine conditions préalables pour garantir l’émancipation du peuple ivoirien et l‘organisation d’élections crédibles et démocratiques
En tout état de cause, le PCRCI partagera très prochainement les contours de son projet avec le peuple et les forces politiques, afin de décider ensemble la marche et les actions à mener pour son aboutissement.
Fait à Abidjan, le 10-07-2025
Pour le PCRCI,
Olivier Messou
Porte-parole du Comité Central