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Stratégie électorale d’Alassane Ouattara : vers une continuité pacifique ou un nouveau défi pour le RHDP en 2025 ?

En Côte d’Ivoire, le climat politique est en pleine effervescence à l’approche de la présidentielle de 2025. Alassane Ouattara, président sortant, voudra bien être candidat à sa propre succession. Une décision qui s’inscrit dans une stratégie bien pensée, visant à garantir la continuité du pouvoir pour le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), son parti…Décryptage.

Une candidature calculée

La candidature d’Alassane Ouattara en 2025 ne relève pas d’une impulsion soudaine. Après avoir orchestré un troisième mandat controversé en 2020, dominé par des tensions politiques et des boycotts de l’opposition, Ouattara se positionne maintenant comme un leader d’expérience capable de maintenir la stabilité dans un pays encore fragile sur le plan politique. En se représentant, il nourrira l’idée de la stabilité économique et de la paix, des thèmes qui ont marqué son mandat depuis 2011.

L’ancien commis du FMI mise également sur la relance de la croissance et des investissements, espérant convaincre les électeurs que son expérience est indispensable dans un contexte économique mondial incertain. En parallèle, la gestion des enjeux sociaux et sécuritaires sera au cœur de sa campagne, cherchant à rassurer les Ivoriens sur les avancées réalisées durant son mandat.

Un plan de succession stratégique

Une des subtilités majeures de la stratégie de Ouattara, réside dans son intention de préparer une passation de pouvoir en douceur, avec comme héritier son vice-président, Tiemoko Meyliet Koné. Ce dernier, choisi pour sa loyauté et son expérience, est perçu comme un représentant fidèle des valeurs du RHDP. L’idée est qu’une fois élu en 2025, Ouattara laisse les rênes du pays à son poulain dans un délai d’environ six mois à un an, une manœuvre qui pourrait contribuer à assurer la continuité des politiques engagées et à renforcer l’unité au sein du parti.

En vertu de l’article 62 de la Constitution ivoirienne, le vice-président peut effectivement accéder à la présidence en cas de vacance du pouvoir, contribuant ainsi à une transition moins tumultueuse. En anticipant un transfert de pouvoir, Ouattara espère éviter les crises politiques qui ont secoué le pays dans le passé. Cela pourrait également réduire la résistance au sein du RHDP et inhiber les ambitions de rivalité interne.

Les défis à relever

Cependant, la route vers cette « success story » est semée d’embûches. D’un côté, le climat politique actuel, marqué par une opposition encore divisée mais toujours vigilante, pourrait poser des problèmes à la mise en œuvre de ce plan. Des tensions au sein même du RHDP pourraient émerger sur la question de la succession, surtout si des figures influentes du parti s’estiment lésées.

De plus, la question de la légitimité de Ouattara à briguer un autre mandat après un troisième mandat controversé en 2020 pourrait ressurgir. Enfin, la nécessité de convaincre une population parfois méfiante sur les élections pourrait devenir un véritable défi pour le RHDP.

La stratégie d’Alassane Ouattara s’appuie sur une connaissance approfondie du paysage politique ivoirien, mêlant prudence et ambition. En se présentant à la présidentielle de 2025 et en préparant une succession à la tête de l’État, Ouattara cherche à garantir une transition ordonnée et la continuité des politiques du RHDP. Toutefois, le succès de cette stratégie dépendra de sa capacité à répondre aux préoccupations des électeurs et à gérer les rivalités au sein de son propre camp. Dans ce contexte, la dynamique politique de la Côte d’Ivoire reste à surveiller de près, car elle pourrait influencer non seulement l’avenir du RHDP, mais aussi celui du pays tout entier.

LA REDAC’

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