Alors que la réhabilitation du mythique établissement d’Abidjan est au cœur des plans touristiques de l’État, une sourde bataille oppose la Société des Lagunes (SDL) de Georges Angaman aux anciens employés.
Un trésor de guerre qui « travaille » en banque ?
Selon des sources internes proches de la comptabilité, le nœud du problème résiderait dans une somme de 2 milliards de FCFA actuellement logée sur les comptes de la SDL. L’inquiétude des employés est alimentée par des soupçons de spéculation financière. Les fonds généreraient un bénéfice mensuel estimé à 10 millions de FCFA au profit de la structure gestionnaire. Plus le paiement des employés est retardé, plus les intérêts bancaires s’accumulent, incitant — selon les travailleurs — les responsables à faire traîner le dossier.

Des coupes jugées injustes sur les indemnités
Le bras de fer porte également sur le calcul des mesures d’accompagnement. La SDL est accusée de vouloir exclure deux catégories de personnel. Notamment les employés admis à la retraite et le personnel ayant été réaffecté à Yamoussoukro.
Par ailleurs, les employés dénoncent une politique de « deux poids, deux mesures » concernant les retenues financières. Si la SDL exige le remboursement des prêts bancaires et des frais médicaux sur les soldes de tout compte, elle resterait muette sur ses propres dettes envers les travailleurs : « La SDL nous doit l’argent de la mutuelle et doit faire le point de la caisse maladie. Cet argent doit être reversé ou compensé, nous n’avons pas oublié », prévient un porte-parole du collectif.
La stratégie du recours administratif plutôt que judiciaire
Face à l’urgence sociale, une partie des employés refuse catégoriquement de porter l’affaire devant les tribunaux. Le traumatisme des dossiers interminables, comme celui d’Air Afrique qui a duré plus de 30 ans, est encore vif dans les mémoires.
Pour débloquer la situation, le collectif propose une offensive administrative directe. Des courriers officiels vont être adressés aux plus hautes instances de l’État : La Présidence de la République ; la Primature, la SONAPIE (Société Nationale de Gestion du Patrimoine Immobilier de l’État) ; l’Inspection Générale du Travail.
L’objectif est de « forcer » la SDL à s’expliquer devant les autorités et obtenir le déblocage immédiat des fonds dus pour permettre à des centaines de familles de sortir de la précarité.

Pour le gouvernement ivoirien, ce conflit social est une épine dans le pied. Le Golf Hôtel n’est pas qu’un simple actif immobilier ; c’est un symbole politique, ayant servi de quartier général à Alassane Ouattara durant la crise post-électorale de 2010. Le pourrissement de la situation sociale pourrait entacher la communication autour de la relance du secteur hôtelier de luxe, alors que les investisseurs étrangers scrutent de près la stabilité du climat social dans le pays.
Source : Enquête Media 17/04/2026
Ph/DR