Costume ajusté, regard droit, parole calibrée. Cédric Tidiane Diarra avance sans hausser la voix. Dans son sillage, un nom qui pèse, celui de Seydou Elimane Diarra, ancien Premier ministre. Héritier, oui. Mais pressé de ne pas se laisser enfermer dans la généalogie.
Cédric Diarra appartient à cette génération de dirigeants passés par Bruxelles, New York, Harvard. Communication, management, finance, il parle bilans et politiques publiques avec la même aisance. Un détour par le privé, des investissements dans les énergies renouvelables, le goût des montages précis. Apprendre les chiffres avant d’embrasser les foules.

Puis vient l’État. Conseiller technique, chef de cabinet civil au ministère de la Défense. Les couloirs feutrés, la discipline des notes, la verticalité des décisions. Ceux qui l’y croisent décrivent un profil méthodique, peu friand de caméras, plus à l’aise dans l’ombre des dossiers que dans la lumière des tribunes.
C’est pourtant loin d’Abidjan que son image se façonne. À Dioulatiedougou, dans le nord, l’élu troque les salons climatisés pour les pistes. Il y parle drones, cartographie des sols, agriculture de précision. Le vocabulaire surprend, mais séduit une jeunesse qui rêve de modernité. Pour lui, l’innovation ne doit pas s’arrêter au périphérique de la capitale.
Politiquement, Diarra gravite dans l’orbite du RHDP. Conseiller spécial du Premier ministre Patrick Achi, il s’installe dans le premier cercle. Pour ses soutiens, la confirmation d’une compétence. Pour ses détracteurs, la preuve d’une reproduction des élites. Lui avance, entre héritage assumé et mérite revendiqué.
Jeudi 5 février 2026, à l’Hémicycle du Plateau, nouvelle marche gravie. Sur proposition du président de l’Assemblée nationale et à l’issue d’un vote en séance plénière, le député de la circonscription 121 (Bako, Bougousso, Dioulatiedougou) est élu vice-président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Une promotion votée à l’unanimité.
Sur Facebook, le ton reste mesuré : remerciements au président de l’Assemblée pour « la confiance placée en [sa] modeste personne », gratitude aux députés pour leur vote, hommage aux populations de sa circonscription pour leur « soutien constant ». Sobre. Calculé.
Cédric Tidiane Diarra ne renie pas son nom. Il l’organise, l’étire, le projette. L’ascension est méthodique, presque clinique. Reste à savoir jusqu’où ira cette ambition tranquille, née dans l’ombre d’un père d’État et désormais installée au perchoir.
LA REDAC’
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