Le monde a changé, le monde est différent, aujourd’hui. La courtoisie diplomatique a fini par craquer, désormais les puissants ne rusent plus, les puissants agissent parce que c’est la loi du plus fort qui s’impose.
Quand 2026 s’annonçait, nous avons compris qu’un président voyou et irréfléchi, incapable de se contrôler, entache les relations humaines de ses actes de barbarie d’une autre époque. Il a décidé de lancer un missile depuis le golfe de Guinée pour bombarder, prétendument, les terroristes qui harcèleraient les chrétiens au Nigeria, alors que ce qui a été bombardé de 25 décembre 2025, jour de Noël, c’est bien la souveraineté du Nigeria. Rien d’autre.
Il a ensuite kidnappé le président souverain d’un pays et a affirmé, sans aucune forme de circonvolution, que c’est lui, Trump, qui allait gérer désormais le pétrole du Venezuela. Le monde a changé, l’ONU a disparu, ce qui règne, aux antipodes de ce qui a été décidé lors de sa création, c’est la loi du plus fort. Les puissants nous ont dit qu’ils mentaient quand ils prêchaient la démocratie et les droits de l’homme. Non, ce n’est plus pour sauver les populations de la misère et de la dictature. Non, aujourd’hui on dit clairement que ce qui nous intéresse ce sont les ressources stratégiques, point.
Mais disons-le, ce phénomène n’est pas nouveau, c’est juste le vernis qui a été gratté, le masque qui a été lavé pour afficher la face hideuse des relations entre pays, entre grands et petits, entre les pays du Nord et du Sud.
Mais si j’écris que le monde a changé depuis la fin de l’année 2025 c’est parce que le mensonge s’est arrêté. Ceux qui pensaient que l’Occident civilisait et aidait le pauvre et l’indigent contre les méchants dictateurs, doivent se raviser, aucune civilisation ne peut permettre que les peuples qu’elle asservit se développent, que des vassaux à qui elle s’impose pour fermer ses yeux, enchaînant ses dirigeants et profitant de son sous-sol ne puisse jamais connaitre l’opulence, la richesse, le ‘paradis’. Ce sont nos richesses, rien d’autre, qui les intéressent et il est plus que temps qu’on les chasse et qu’on donne de la chance aux Africains sur la terre africaine.
Les familles européennes, américaines, arabes, libanise et chinoises ne font rien de bien sur nos terres, il faut les chasser, pas par la force mais en demandant à nos dirigeants d’être lucides et d’arrêter de penser à leur ventre.
Cela, il faut le dire a déjà été compris dans les pays panafricains de l’AES. Les pays de l’AES ont compris que l’or n’est pas une matière première à vendre comme l’uranium ou le pétrole, l’or est une réserve, votre réserve d’or est ce qui garantit votre monnaie. Comment se fait-il qu’aucun pays africain n’ait de stock d’or ?
Les pays de l’AES ont compris que les élections ne sont pas gage de stabilité et de développement. C’est la méthode imposée par les occidentaux pour maintenir nos pays dans leur girons, leur zone d’influences.
« On a tout en Afrique comme matières premières, au moins la crise en Ukraine et au Venezuela va ouvrir nos yeux sur ce mensonge de la Françafrique qui nous maintient dans une pression sans nom. » Me confiait récemment un ami qui sillonne l’Afrique à la tête de projets agricoles impactant. Oui il faut nous ouvrir les yeux, et Trump ne fait que remettre une couche.
Trump est fou, certes, mais Trump aime tomber le masque. On a clairement, dans sa version la plus hideuse, le visage de la coopération internationale, celle qui s’impose par la force selon une doctrine bien huilée à trois piliers : base militaire et accords de défense, accords commerciaux, extraction des ressources sur 100 ans. Et les États deviennent des vassaux avant même que les citoyens s’en rendent compte, leurs dirigeants, des employés de l’impérialisme, celui qui satisfait les intérêts du maître, se foutant de ceux qu’il prétend servir, le peuple.
L’Afrique demeure la réserve du monde, énormément de ressources ou de gisements n’ont même pas encore été découverts. Le Venezuela est une nouvelle poche d’énergie, surtout de pétrole, dont les USA avaient besoin. Et il n’y a plus d’ordre, de paix, d’ONU, de respect du droit lorsque les USA sont à la manœuvre ; c’est la loi du plus fort. Il faut installer des gens aux ordres de Washington pour, comme le dit Trump, permettre aux USA d’exploiter le pétrole « mieux que Maduro ». C’est un dictateur, les Vénézuéliens crient liberté, ça me rappelle la France au Mali en 2012.
La domination existe bel et bien et ne fait que changer de nom. La colonisation a été remplacée par l’indépendance. La mainmise sur nos ressources a été remplacée par la coopération. ELF, après un scandale financier et politique, est devenu Total. Areva est devenu Orano. Le Franc des Colonies Françaises d’Afrique est devenu… le Francs de la Coopération. En 2017, le sommet France-Afrique a été remplacé par le sommet Afrique-France. Je pouffe de rire.
L’Afrique est une terre d’intérêts internationaux, intérêts orientés surtout vers les ressources. Quand le Niger a nationalisé ses mines, toute la planète s’est moquée en disant qu’en réalité la France n’a rien à faire avec l’uranium du Niger, Bazoum lui-même le disait en mondovision. Récemment, nous avons vu Orano couler, et même ce mois-ci faire un procès au Niger pour « vol » de l’uranium de ses propres mines. Savez-vous qu’ils viennent même sur nos côtes pêcher nos poissons et les vendre de par le monde, en enlevant partout en Afrique le revenu des peuples côtiers, des pécheurs et toute l’économie locale alentour ?
Les américains sont des voraces rapaces qui font tout pour éviter une dédollarisation du monde. Et tout le monde le sait, l’Europe est un continent qui a consommé et consomme de façon disproportionnée des ressources qu’il n’a pas, c’est pourquoi il est obligé de se comporter en parasite pour ponctionner chez ceux qui en possèdent.
Mais un tour d’horizon sur les relations entre les puissances sur les continents vous fera voir que tel que font les USA avec ses « vassaux américains », en Europe de l’Est la Russie le fait avec les pays autrefois de l’Union soviétique, l’Arabie Saoudite le fait avec le Yémen, Israël avec la Palestine, la Chine avec Taïwan, c’est cela les relations du monde, des dominants et des vassaux.
Et oui, et l’Afrique ? L’Afrique devait avoir son USA, ou sa Russie ou même son Arabie Saoudite. Et c’est ce rôle que Kadhafi allait jouer. Une puissance à la fois politique, militaire et technologique qui allait agir en empereur. Parce que lorsqu’ils vont finir de se transformer en Empire sur leur continent, ils vont devoir convoquer une autre conférence de Berlin pour raffermir leur part de l’Afrique qu’ils exploitent déjà. Nous ne pourrons rien y faire. Mais s’ils viennent, il leur faudra faire face à un autre Kadhafi et je crois que pour ces dernières années, l’histoire de l’Afrique nous a montré qu’il faut trois pays pour songer à faire ce que Kadhafi avait fait. Le président de mon pays avait dit lors d’une interview que lui aussi il voulait être empereur et à dose homéopathique il a réussi, il faut le dire, à imposer cela en Côte d’Ivoire.
La révolution commence, elle sera rude, le crépuscule des impérialistes a sonné, leur soleil bientôt mourra. Soutenons nos dirigeants de l’AES, ils ne tomberont pas. Dans ce monde, il faut le croire, ils se sont préparés pour résister, ne serait-ce que par la volonté de se surarmer. Car dans ce nouveau monde que nos yeux découvrent, si un État assez puissant a envie de vous dominer, il ne se cachera pas sous les manteaux froids et malicieux de la coopération, il brisera les principes de la souveraineté et viendra prendre votre président. Avant, ils les faisaient tuer par leurs frères, et la roue tournait toujours tant que le maître était satisfait, sinon, rebelote, rébellion, fin de règne et vive la Françafrique. La démocratie n’existe que pour ceux qui sont d’accord avec les grands du monde, le droit est en faveur des vainqueurs. Et tout ce qu’on demande aux dirigeants africains c’est d’être forts et de se faire craindre. La force ne comprend que la force.
A bon entendeur, j’ai dit.