Voici une nouvelle bombe. Pas une de celles qui font du bruit, non. Une bombe silencieuse, administrative,méticuleusement tamponnée et soigneusement oubliée dans un tiroir ministériel.
A quand la correction du décret d’affectation des magistrats de la promotion 2021 ?
A quoi joue exactement Sansan Kambilé ? Et surtout, avec qui ?
Le décor est planté. Le décret d’affectation des magistrats civils de la promotion 2021 continue d’afficher, imperturbable, le 1er janvier 2024 comme date d’entrée dans la profession. Une date figée comme une mauvaise blague, pendant que leurs homologues militaires de la même promotion bénéficient, eux, d’un décret plus généreux, estampillé 1er janvier 2023. Même promotion, deux calendriers. L’égalité devant le temps aurait-elle été abrogée ?
Mais ce n’est pas tout. Car pendant que la promotion 2021 rumine son injustice, la promotion 2023 arrive, fraîche et bien servie : affectée avec comme point de départ de l’ancienneté le 1er janvier 2025, et non 2026. Ici, miracle administratif, les choses ont été faites correctement. Sans erreur. Sans hésitation. Sans amnésie.
Alors la question brûle les lèvres. Pourquoi les magistrats civils de la promotion 2021 doivent-ils continuer à payer le prix d’une erreur administrative qu’ils n’ont jamais commise ? Pourquoi perdre un an d’ancienneté ? Pourquoi perdre un an de rappel ? Pourquoi eux, toujours eux ? Sont-ils devenus les sacrifices officiels de Sansan Kambile ? La solde joue-t-elle les figurants innocents ou les complices silencieux d’une pratique opaque visant à retenir un an de rappel, main dans la main avec le Garde des sceaux ? Ou faut-il comprendre que, dans cette République, certaines promotions servent de brouillon pendant que d’autres bénéficient de la version corrigée ?
L’erreur est connue. L’injustice est documentée. Le préjudice est réel. Et pourtant, rien ne bouge. A quand la réparation de ce tort subi par la promotion 2021 ? À quand la fin de ce feuilleton où l’administration se cache derrière ses propres fautes comme derrière un paravent ? Le Président de la République est interpellé. Car à force de jouer avec le temps des magistrats, c’est la crédibilité de l’État lui-même qui finit par perdre son ancienneté