Alors que l’État ivoirien a décaissé une première tranche de 2 milliards FCFA pour solder le passif social du mythique établissement d’Abidjan, les ex-employés dénoncent un blocage orchestré par la direction générale.
Le dossier du Golf Hôtel d’Abidjan, établissement historique de la lagune Ébrié, entre dans une phase de haute tension. Selon les informations recueillies par Enquête Media, une profonde fracture est apparue entre le directeur général, Georges Angaman, et ses anciens collaborateurs concernant le versement des indemnités de rupture de contrat.

Un dédommagement de 5 milliards FCFA
Le contentieux trouve son origine dans la fermeture de l’hôtel, jugée irrégulière par la justice ivoirienne. Georges Angaman, qui avait assigné la SONAPIE (Société nationale de gestion du patrimoine immobilier de l’État) devant les tribunaux, a obtenu gain de cause. L’État a ainsi été condamné à lui verser la somme de 5 milliards FCFA en réparation du préjudice subi lors de l’éviction de sa direction.
Sur cette enveloppe globale, la SONAPIE a d’ores et déjà procédé au virement d’une première tranche de 2 milliards FCFA. Ce montant était contractuellement destiné à apurer les dettes fournisseurs et, prioritairement, à régler le solde de tout compte des employés.
Le blocage des indemnités de licenciement
Si les arriérés de salaires, les congés et les gratifications ont été versés, le processus de paiement des indemnités de licenciement, des préavis et des mesures d’accompagnement (estimées à 24 mois de salaire par l’inspection du travail) est au point mort.
Pourtant, les calculs sont terminés. L’inspection du Travail a transmis les bulletins de paie définitifs à la direction générale pour exécution. Selon des sources internes, Georges Angaman, épaulé par son directeur administratif et financier (DAF), Hubert Coulibaly, refuserait de signer les chèques, malgré la disponibilité des fonds versés par la SONAPIE.
En coulisses, ce blocage est perçu par les délégués du personnel comme une stratégie de rétention de trésorerie au détriment des droits sociaux. Les ex-salariés, qui voient leur situation précarisée depuis la fermeture de l’enseigne, s’apprêtent à solliciter l’arbitrage du ministère de tutelle pour forcer la main à la direction. Pour la SONAPIE, ce dossier devient politique. L’État ne souhaite pas voir le conflit social s’envenimer alors que les fonds de dédommagement ont commencé à être décaissés.
Source : @Enquetemedia 17/03/26