L’institution de régulation des droits humains en Côte d’Ivoire entame une mue stratégique. Le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) voit son organigramme de tête entièrement renouvelé, marquant la fin de l’ère Namizata Sangaré.
Un nouveau triumvirat à la manœuvre
La Présidence du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) est désormais confiée à Adjelou Christian. Sa mission sera de maintenir l’équilibre délicat entre les exigences de l’exécutif et la surveillance des libertés publiques souvent scrutées par les chancelleries occidentales.
La Vice-Présidence revient à Bamba Stapoon du « puissant » Mouvement Ivoirien des Droits Humains (MIDH) qui assure une continuité dans le dialogue avec les ONG locales.
Le Secrétariat Exécutif, pièce maîtresse de l’appareil administratif, échoit à Arsène Désiré Néné Bi. Docteur en droit international public et Ex-président de l’ONG Actions pour la Protection des Droits de l’Homme (APDH), il apporte une caution technique indispensable pour le plaidoyer international de l’institution.

Le bilan « contrasté » de Namizata Sangaré.
C’est une page de près d’une décennie qui se tourne. Présidente de l’ancienne Commission (CNDHCI) dès 2016, puis du Conseil actuel depuis avril 2019, Namizata Sangaré quitte ses fonctions après avoir piloté l’institution durant des périodes de fortes tensions politiques.
Sous son mandat, le CNDH a gagné en visibilité, notamment grâce à la publication de rapports annuels de plus en plus documentés sur l’état des lieux carcéraux et les violences basées sur le genre. Cependant, elle a régulièrement dû manœuvrer entre les critiques de l’opposition — qui jugeait l’organe trop proche du RHDP au pouvoir — et les exigences de conformité aux standards des Nations Unies (Statuts de Paris).