La compagnie nationale ivoirienne a officialisé, ce 23 mars, le report sine die de sa nouvelle liaison entre Abidjan et Beyrouth. En cause, une dégradation du contexte sécuritaire régional qui contrarie les plans d’expansion de la direction générale.
Un coup d’arrêt pour le « hub » d’Abidjan
Alors que l’inauguration de la ligne Abidjan-Beyrouth était programmée en grande pompe pour le 29 mars 2026, la direction d’Air Côte d’Ivoire a dû se résoudre à un rétropédalage stratégique. Ce projet, porté par le directeur général Laurent Loukou, visait à capter l’important flux de la diaspora libanaise installée en Afrique de l’Ouest, jusqu’ici largement dominé par la Middle East Airlines (MEA).

Officiellement, c’est l’instabilité sécuritaire au Proche-Orient qui motive cette décision. La compagnie, qui opère sous une surveillance étroite de l’ANAC (Autorité nationale de l’aviation civile), ne souhaite prendre aucun risque opérationnel ou assurantiel sur ce couloir aérien de plus en plus volatil. Ce report intervient alors que plusieurs transporteurs internationaux ont également révisé leurs plans de vol vers l’aéroport international Rafic Hariri.
Enjeux diplomatiques et commerciaux
Ce contretemps freine l’offensive de la compagnie ivoirienne hors de son bastion continental. Le lancement de cette ligne était perçu comme un signal fort de la montée en puissance d’Air Côte d’Ivoire, après l’acquisition de nouveaux appareils long-courriers. Pour l’heure, aucun nouvel agenda n’a été communiqué, la compagnie se contentant de suivre l’évolution de la situation géopolitique au Liban avant de se réengager.