Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp

Universités publiques/ Quand la “réhabilitation” devient une mise à mort sociale…

50 % de réduction au cinéma, 400 % d’augmentation des frais d’inscription à l’université publique.

A chacun de faire son interprétation. Mais une chose est sûre : derrière ces chiffres se cache une violence sociale silencieuse, méthodique et assumée.
Avant 2011, avant ce qu’ils ont appelé la réhabilitation de l’Université, les frais d’inscription étaient certes imparfaits, mais restaient socialement supportables.
Un bachelier orienté s’inscrivait pour 7 000 francs la première année, puis 6 000 francs jusqu’au DEA.
Le travailleur inscrit en FIP payait 26 000 francs, puis 25 000 francs les années suivantes.
Ce n’est qu’au niveau de la thèse que l’étudiant orienté rejoignait le travailleur, à 25 000 francs.

L’Université publique remplissait alors – tant bien que mal – sa mission : former sans exclure.

Puis est arrivée la réhabilitation. Puis le système LMD. Et avec eux, une logique nouvelle : celle de la rentabilité, appliquée sans état d’âme à un service public. Désormais, sous couvert de modernisation :
30 000 francs pour la Licence,
60 000 francs pour le Master, 90 000 francs pour le Doctorat.
Des montants déjà lourds, mais auxquels les étudiants ont fini par s’adapter, faute d’alternative. Jusqu’à l’année dernière.
Car la rentrée universitaire 2024-2025 s’est ouverte dans un contexte bien particulier : après la dissolution de la FESCI , principal contrepoids étudiant. Et comme souvent lorsque le rapport de force disparaît, certains y ont vu une opportunité.

Les frais, déjà exorbitants, ont alors explosé.

La Licence 3, autrefois protégée par le fameux parapluie atomique, est passée de 30 000 à 100 000 francs..
Les étudiants en Master, qui payaient en majorité 60 000 francs, se voient désormais imposer 200 000 francs à partir de la troisième inscription dans le cycle.
Les Doctorants, eux, devront débourser 300 000 francs à partir de la quatrième inscription, tandis que leurs camarades travailleurs atteignent la barre des 400 000 FCFA.

Mais le plus choquant n’est peut-être pas encore là.

Parallèlement à ces hausses, une pratique inquiétante s’est généralisée : le recouvrement rétroactif.
Des étudiants en Master et en Doctorat se voient contraints de payer plusieurs années d’un coup, parfois jusqu’à six années, avant même d’obtenir l’autorisation de soutenir.
Des arriérés sont exigés à des étudiants en Licence, même lorsqu’ils prouvent leur non-participation aux cours ou aux examens.
Comment comprendre qu’un Doctorant soit sommé de “régulariser” des années universitaires remontant jusqu’à 2018 ?
Où va cet argent collecté en dehors de tout exercice budgétaire en cours ?
Quelle traçabilité, quelle justification, quelle légitimité ?

Le comble de l’absurde a été atteint lorsque, de façon unilatérale, les frais d’inscription en FIP ont été portés à 200 000 FCFA.
Toutes ces décisions sont prises par le Vice-président en charge des Enseignements, le Professeur Monsan, qui affirme agir sous l’autorité du DSI de l’Enseignement supérieur, le sieur Maïga Abou.
Ainsi, l’Université publique, censée être un ascenseur social, devient progressivement un filtre économique.
Non plus un lieu de savoir, mais un péage.
Non plus un espace d’émancipation, mais une machine à exclure les plus modestes.
A ce rythme, il ne restera bientôt qu’une question à poser : à qui l’Université publique est-elle encore destinée ?

Articles récents

Ministère de la Justice/ La cagnotte invisible et la grande loterie des émoluments.

24 janvier 2026

Monogaga/ Écologie de façade et milliards bien enracinés : les dessous verts d’un contrat à 20 milliards FCFA.

24 janvier 2026

Affaire Monogaga/ 99 ans de bail sur 40.000 hectares, 11 millions FCFA par an pour un siècle de silence.

24 janvier 2026

Informer sans relâche, gouverner sans opacité.

24 janvier 2026

ENA : École Nationale des Arrangements (très) Administratifs.

14 janvier 2026

Hassan Dakhlallah ou l’art de se blanchir plus blanc que Le Figaro

8 janvier 2026

Frais d’inscription à l’Université Félix Houphouët-Boigny : le mensonge officiel face à la réalité des faits.

7 janvier 2026

Législatives à Tiassalé: bureau de vote n°3 (école Quartier), « 23 morts ont voté »

7 janvier 2026

Universités publiques/ Quand la “réhabilitation” devient une mise à mort sociale…

6 janvier 2026

Diplomatie/ Jessica Davis Ba, l’heure des adieux.

3 janvier 2026

Mort « discrète » d’un témoin clé de l’affaire SNEDAI : Guy Roland Opy n’est plus

3 janvier 2026

Les Délires de Dimba 009 – La recolonisation de l’Afrique en marche : les USA bombardent l’Afrique

30 décembre 2025

SOGETRA–Fidelis Finance : une fuite bancaire, 72 licenciements…

30 décembre 2025

Plaque banalisée, conscience débanalisée : les aventures immatriculées de Komé Bakary

27 décembre 2025

Aux commandes d’Air Côte d’Ivoire : GAL Abdoulaye Coulibaly (PCA), l’homme qui connaît les cieux… et les cœurs !

5 septembre 2025

Enquête_ Exclusive / Jean-Marc Chaim Rosenfeld : un homme, un temple, une escroquerie aux allures de prophétie !

1 septembre 2025

Business /Mahamadou Bonkoungou : Le « Maître d’ouvrage » de l’Afrique Moderne 

29 août 2025

Collecte des données biométriques / Scandale et soupçon d’extorsion à VFS Côte d’Ivoire.

29 août 2025

Air Côte d’Ivoire : Des alliances aériennes pour propulser le tourisme ivoirien !

28 août 2025

Côte d’Ivoire/ Nady Bamba, la tour de contrôle qui « musèle » Laurent Gbagbo…

1 août 2025
Activer les Notifications OK Non merci