En octobre 2024, une vague de suspensions de salaires a frappé un nombre important de responsables syndicaux en Côte d’Ivoire. Si ces décisions administratives ont fait l’objet de nombreuses spéculations, c’est particulièrement la Région du Tchologo qui suscite des interrogations sur fond de tensions politiques.
En effet, ce sont au total 26 responsables syndicaux répartis entre plusieurs organisations qui ont vu leur salaire suspendu à la fin du mois d’octobre. Parmi eux, 14 proviennent du Ministère de l’Éducation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (METFPA), 2 du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA), et 10 du Tchologo.
Coup de projecteur sur la région du Tchologo
La majorité des suspensions concernent des syndicalistes locaux du Tchologo, notamment ceux issus des lycées modernes de Ferkessédougou, Ouangolo et Diawala, ainsi que de l’IEPP de Bodokro. Ces mesures semblent avoir été prises avec une rapidité inédite, ce qui alimente la spéculation sur les motifs réels de ces décisions. Certains évoquent une pression politique venant du parti au pouvoir, dont l’objectif pourrait être de limiter l’influence des syndicats dans cette région du pays, particulièrement sensible dans le contexte politique actuel.
Des sources proches des syndicats affirment que les autorités auraient agi rapidement pour suspendre les salaires de ces responsables, sans explication claire et transparente. Pourquoi cet acharnement spécifique sur les syndicalistes du Tchologo ?
Une suspicion de contexte politique
Bien que les autorités n’aient fourni aucune justification officielle pour ces suspensions, certains observateurs estiment que ces actions s’inscrivent dans un cadre plus large de gestion politique des syndicats. Le Tchologo pourrait être le terrain d’une volonté de contrôler ou de limiter l’activisme syndical, notamment en période préélectorale.
Pour l’heure, aucune déclaration officielle ne vient confirmer ou infirmer cette hypothèse. Toutefois, plusieurs leaders syndicaux se sont exprimés sur ces suspensions, les qualifiant de « répression systématique » et d' »attaque contre les libertés syndicales ». Ils pointent du doigt une gestion des affaires publiques qui semble ignorer les droits fondamentaux des travailleurs et des syndicalistes, tout en alimentant la méfiance entre les différents acteurs politiques et syndicaux.
Les syndicats : une voix qui dérange ?
Au sein des organisations syndicales, le sentiment d’injustice est omniprésent. Les responsables syndicaux visés se sont engagés à porter cette affaire devant les juridictions compétentes et à entamer des actions de protestation dans les prochains jours. L’ampleur de cette mobilisation sera suivie de près, tant sur le plan national qu’international.

Voici la liste complète des responsables syndicaux concernés par la suspension de leurs salaires à fin octobre 2024 :
MENA (02) :
- BLI Blé David (CEPENS-CI)
- KLA Alain Charles (PFEF)
METFPA (14) :
- ZOUZOU Raphaël Kouamé (SYNAFETFPCI)
- OUATTARA Abdoulaye Hamilton (SOLIDARITÉ)
- VANIE BI Tizié Francis (UNETFP-CI)
- OUATTARA Souleymane (FESEF-CI)
- GUISSÉ Yao Georges (ASYPECI)
- KOUADIO Célestin (CONETFPCI)
- COULIBALY Yacouba (REPLYC-CI)
- TANOH Arthur Bienvenue (MONEPSUP)
- KÉI Désiré Florent (SYNAPECI)
- Jean-Marc KOUASSI (SYNEFCI-UNITÉ)
- KANGAH Kouassi Ernest (SYPENSCI-GAILLARD)
- NIAMIEN Serges (CONAPEPSCI)
- ACHI Edoukou (CARIEECI)
- ZONDÉ Zoko Stéphane (SYNAPOCI)
Responsables syndicaux locaux du Tchologo et de l’IEPP de Bodokro (10) :
- KOUAME Hathrydt Ekony – Lycée Moderne de Ferkessédougou (CONAPEPSCI)
- TRAORÉ Ardjouma – Lycée Moderne de Ferkessédougou (MEPSCI)
- TOURÉ Lassina – Lycée Moderne de Ferkessédougou (CESCI)
- COULIBALY Ziewala Adama – Lycée Moderne de Ferkessédougou (SYNERGIE)
- ESSAN Didier Kablan – Lycée Moderne de Ouangolo (CESCI)
- Bamba Singo – Lycée Moderne de Ouangolo (MEPSCI)
- SIGUI Serge Alain – Lycée Moderne de Diawala (CESCI)
- Coulibaly Nakoumba Yssouf – Lycée Moderne de Diawala (CESCI)
- DIOMANDÉ Idriss Latif – Lycée Moderne de Diawala (CESCI)
- Abi Niamkey Wilfried – IEPP Bodokro