C’est une scène qui réchauffe le cœur (et la carrière) : nos élus, dans leur infinie mansuétude et sous l’œil vigilant des caméras, transforment l’argent public en une magnifique opération de « solidarité ». Le Carême est là, et avec lui, la tradition sacrée d’un partage très médiatisé. D’un côté, on prie en direct pour la prospérité ; de l’autre, des millions de CFA s’évaporent au profit d’une « solidarité » bien pratique pour les relations publiques, à défaut d’être structurante.
Et la « solidarité » de l’État a ceci de magique : elle sait exactement où aller… là où elle sera la plus visible.

Car pendant que l’on bénit les dons devant un parterre de micros, une autre file d’attente s’allonge. Pas celle pour le poisson du vendredi, non. Celle pour un avenir. Ces jeunes diplômés qui, eux, ont cru aux « règles claires » et au « mérite ». Ils découvrent aujourd’hui une réalité plus féroce : les concours sont « fantôches », les recrutements sur des bases tribales ou millitantes, mais la transparence, elle, reste un concept abstrait placardé sur des pancartes.
Face au manque cruel de perspectives, l’État a trouvé la solution : la patience. Le mérite attendra ? Pas grave ! Prenez un don de l’État et allez prier pour le prochain Carême, vous aurez peut-être plus de chance d’être solidarisés d’ici là. En attendant, les caméras ont tout filmé, et c’est bien là l’essentiel.
F.T
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