En Côte d’Ivoire, les inspecteurs du Travail, garants du respect des lois sociales et de la régulation des relations professionnelles, se trouvent aujourd’hui confrontés à une situation alarmante de précarité. Investis d’une mission plus qu’essentielle pour la stabilité économique et sociale du pays, ces agents publics doivent pourtant faire face à des conditions de travail et de rémunération injustes, qui mettent en péril leur efficacité et leur indépendance.
Une pratique arbitraire et sans fondement juridique
Selon plusieurs sources internes, les Inspecteurs du Travail, issus notamment de l’École Nationale d’Administration (ENA), se voient systématiquement privés, durant leur première année d’exercice, de plusieurs indemnités prévues par le décret n°2008-251 du 11 septembre 2008. Ce texte, pris en application de l’article 91.11 du Code du Travail, définit cinq indemnités spécifiques liées à la fonction. Or, seul un tiers d’entre elles est versé durant cette période initiale, une pratique communément appelée « délai de carence » qui n’a aucun appui juridique solide.

Ce délai de carence, appliqué de manière unilatérale et sans justification légale, a des conséquences graves pour ces agents. En période de début de carrière, ils sont privés de revenus essentiels, ce qui les expose à une précarité financière accrue. Cette situation peut également engendrer des pressions externes, voire des tentatives de corruption ou d’influence, dans un contexte où leur indépendance doit être préservée à tout prix.


Ce qui aggrave la situation, c’est l’absence de tout rappel ou compensation pour les indemnités non versées après la fin de cette période de « carence ». En d’autres termes, une fois la première année écoulée, ces Inspecteurs ne perçoivent pas les sommes qui leur sont dues. Ce qui remet en cause la transparence et la légalité de la gestion budgétaire de l’État ivoirien.
De plus, des indiscrétions font état d’éventuelles prolongations de cette période de délai, pouvant aller jusqu’à deux années. Une projection qui serait non seulement injuste, mais également contraire aux principes fondamentaux de légalité budgétaire et d’équité entre agents publics.
LA REDAC’