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CHERTÉ DE LA VIE/ LA GOUVERNANCE OUATTARA Y EST POUR QUELQUE CHOSE…( Donatien Robé )

LA GOUVERNANCE OUATTARA Y EST POUR QUELQUE CHOSE…Mr LE PREMIER MINISTRE

Hier la pandémie de la covid 19 était accusée d’être la principale cause de la cherté de la vie. Aujourd’hui, c’est au tour de la guerre en Ukraine d’être l’unique cause de la hausse des prix. En tout cas, le premier ministre Patrick Achi, hier, n’a pas dérogé à la règle qui est de toujours pointer du doigt les facteurs extérieurs.

Pourtant avant la pandémie et la guerre en Ukraine, les Ivoiriens se plaignaient déjà de la cherté de la vie. Ces deux situations mondiales ont certes amplifié la hausse des prix, mais les gouvernements successifs du président Ouattara ont une très grande part de responsabilité par leurs choix économiques.

Déjà en 2012, la réforme paramétrique des retraites a fait passer la cotisation vieillesse des entreprises du simple au double. Elle est passée de 4,8 % à 7,7 %. Un surcoût pour l’entreprise automatiquement répercuté sur les prix de vente.

Le pouvoir d’achat du travailleur du privé a été réduit avec sa cotisation retraite qui est passée, elle aussi, du simple au double, c’est-à-dire de 3,20 % à 6,30 %. À la fonction publique, le pouvoir d’achat du fonctionnaire a baissé en raison de la hausse de la cotisation retraite. De 6 %, elle est passée à 8, 33%. Enfin les retraités du privé et du public ont perdu du pouvoir d’achat avec la baisse des pensions, le taux d’annuité étant passé de 2% à 1,75% pour le public et les meilleures années de 10 ans à 15 ans pour le privé.

En 2014, la revalorisation du SMIG passant de 36.607 fcfa à 60.000 fcfa était un prétexte valable pour les entreprises pour augmenter leurs prix. Il est clair qu’un salaire de 60.000 CFA ne suffit pas pour vivre convenablement en Côte d’Ivoire. Mais une augmentation du SMIG entraîne un effet domino sur les salaires autour du smig, c’est-à-dire qui font 1, 5 fois, voire 2 fois le smig. Et pour éviter « l’écrasement de la hiérarchie des salaires », les employeurs augmentent les salaires autour du smig. Un salarié qui percevait 2 fois le smig avant 2014, c’est-à-dire environ 72.000 fcfa, réclamera désormais 120. 000 fcfa à son employeur. Ce dernier répercutera ce surcoût sur son prix de vente. Augmenter le smig est sans doute un coup de pouce aux petits salaires, mais qui n’est pas sans conséquences sur les prix. Le patronat en son temps avait attiré l’attention du gouvernement sur les possibles conséquences néfastes d’une telle mesure sans mesures d’accompagnement.

En 2017, le cabinet PWC et la banque mondiale ont publié une étude qui tirait déjà la sonnette d’alarme, car le résultat commercial des entreprises (chiffre d’affaires) est taxé à hauteur de 51,3 % en Côte d’Ivoire, taux supérieur à la moyenne africaine. L’opinion publique n’a rien vu venir.

Après la loi de finances 2021, le gouvernement avait publié l’annexe fiscale 2021. Cette annexe avait été dévastatrice pour les entreprises en Côte d’Ivoire. L’impôt minimum forfaitaire (IMF) qui avait été suspendu a été remis à l’ordre du jour. Le patronat avait en vain protesté.

Aujourd’hui, du fait des choix économiques des différents gouvernements Ouattara, les entreprises font répercuter leurs charges excessives sur les prix de vente. La guerre en Ukraine y est sans doute pour quelque chose. Mais la politique du président Ouattara y est en grande partie pour quelque chose.

Enfin, c’est le cas de le dire, les populations auraient pu supporter cette situation difficile si un filet de sécurité sociale efficace existait en Côte d’Ivoire. D’ailleurs les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui disposent de mécanismes de transferts sociaux efficaces.

Monsieur le premier ministre, où en est-on avec le programme social du gouvernement?

Donatien Robé
Spécialiste en droit de la sécurité sociale et en économie sociale.

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