Le décret n°2026-84 du 4 mars 2026, qui consacre l’hégémonie de Hien Yacouba Sié sur les infrastructures stratégiques (ports, aéroports, métro), n’est pas qu’une simple réorganisation technique. Selon nos sources au Palais de la Présidence, ce mouvement s’inscrit dans un plan méthodique orchestré par Téné Birahima Ouattara, dit « Photocopie », pour verrouiller l’appareil d’État en vue de la succession de son frère, Alassane Ouattara.

Le verrouillage des secteurs régaliens
En plaçant ses hommes de confiance aux postes-clés, le Vice-Premier ministre ne se contente plus de diriger la Défense et les services de renseignement. Il bâtit une véritable « garde civile » au sein du gouvernement. La promotion de Hien Yacouba Sié répond à une logique de contrôle total. Un contrôle financier par la mainmise sur les ports et le métro assure la gestion des plus gros flux de capitaux et des contrats de partenariat public-privé (PPP) et un contrôle territorial par la maîtrise des infrastructures, c’est tenir les leviers logistiques du pays, un atout indispensable pour asseoir une autorité incontestée sur l’ensemble du territoire ivoirien.

Le dauphin de l’ombre sort du bois
Longtemps resté dans les coulisses du pouvoir, Téné Birahima Ouattara accélère désormais son calendrier. Si le chef de l’État conserve le dernier mot, la montée en puissance de sa fratrie à travers des lieutenants dévoués signale une volonté de pérenniser le système RHDP sous une égide familiale. Le renforcement du pouvoir de « Photocopie » sur la diplomatie, couplé à ce redécoupage ministériel, place Hien Yacouba Sié en première ligne de la diplomatie économique. Cette stratégie permet à Téné Birahima de neutraliser les ambitions rivales au sein du parti en asséchant les ressources des ministères jugés « moins loyaux » et sécuriser l’après-2026 en s’assurant que les piliers de l’économie (le Port d’Abidjan) et de la mobilité (le Métro) soient entre des mains affiliées à son propre état-major.

Avec ce décret, le régime d’Abidjan entre dans une phase de transition active. En transformant le ministère des Infrastructures en un « super-ministère » de souveraineté, Téné Birahima Ouattara envoie un message clair aux chancelleries occidentales et aux opérateurs économiques : la succession se prépare sous le signe de la continuité sécuritaire et du contrôle absolu des actifs stratégiques par son premier cercle.
Source : Enquête Media 5/04/2026.