Recrutés sous l’égide du ministère de Mariétou Koné, des « milliers » de jeunes enseignants broient du noir. Trois mois après leur affectation, sans contrat ni salaire, ils appellent le gouvernement à l’aide alors qu’une nouvelle vague de recrutement vient d’être lancée.
Un parcours d’excellence qui tourne au calvaire
Tout commençait pourtant sous les meilleurs auspices. Sélectionnés en 2025 à l’issue d’un test de sélection visant à ne retenir que « les meilleurs », ces nouveaux acteurs du système éducatif ivoirien ont suivi une formation intensive pour répondre aux exigences de l’école de qualité prônée par les autorités.
Le 13 janvier 2026, l’espoir était à son comble lors de leur affectation dans les différents lycées et collèges du pays. Mais aujourd’hui, l’enthousiasme a laissé place à l’amertume.

Trois mois sans contrat, ni pécule
La réalité du terrain est brutale. Depuis leur prise de service il y a trois mois, ces enseignants travaillent dans un vide administratif et financier total. Malgré leur présence effective dans les classes, aucun document officiel n’est venu formaliser leur situation. Aucun virement n’a été effectué depuis janvier, laissant ces agents dans l’incapacité de subvenir à leurs besoins primaires (logement, transport, nourriture). Selon les témoignages recueillis, aucune communication officielle n’a été faite pour rassurer ces recrues sur les délais de régularisation.
« Comment enseigner convenablement le ventre vide ? »
C’est la question lancinante qui revient dans les rangs des contractuels. Travailler dans des zones parfois reculées, loin de leurs familles, sans ressources financières, devient une mission impossible. La dignité de l’enseignant est mise à rude épreuve, impactant directement la qualité de l’encadrement des élèves.
Le paradoxe du nouveau recrutement
L’incompréhension est d’autant plus vive que le gouvernement vient d’annoncer le recrutement de 2 000 nouveaux enseignants. Pour la promotion 2025, le sentiment d’abandon est réel. Comment justifier de nouvelles velléités de recrutement alors que ceux déjà en poste ne sont ni payés, ni contractualisés ?
Un appel pressant aux autorités
À travers ce « cri du cœur », ces enseignants interpellent directement la Ministre de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation, ainsi que les autorités compétentes. Ils ne réclament ni faveur, ni privilège, mais simplement la justice sociale : la signature de leurs contrats et le paiement intégral de leurs arriérés de pécules.
L’école de l’excellence ne peut se construire sur la précarité de ceux qui en sont les piliers. L’écho de cette souffrance sera-t-il entendu avant que le découragement ne paralyse les salles de classe ?
Par la rédaction – Enquête Media