En Côte d’Ivoire, on nous expliquait que l’ascenseur social fonctionnait à l’huile de coude. Erreur de casting. Il fonctionne en réalité au carburant RHDP.
D’un côté de la balance, nous avons la « Plèbe » : des milliers de diplômés, chargés de Masters et de Doctorats, qui pèsent aussi lourd qu’une plume dans le vent de la lagune Ébrié. Pour eux, le concours de l’ENA est un marathon pieds nus sur du verre pilé. Et s’ils réussissent par miracle, l’affectation au fin fond des filières et du pays les attend, là où même le réseau mobile hésite à s’aventurer.
De l’autre côté, nous avons les « Abonnés du Premier Rang ». Pour eux, la physique est inversée. Plus on a de parrains, plus on est léger, et pourtant, plus on fait pencher la balance du bon côté.
Prenez nos « jeunes leaders ». A peine le diplôme en poche, la « magie » opère. Pas besoin de boussole pour chercher leur bureau, tous les chemins mènent à Abidjan, de préférence dans les directions climatisées des Ministères. C’est ce qu’on appelle le « parachutage de précision ». On saute de l’école et on atterrit directement dans un fauteuil en cuir, sans même froisser son costume.

Le mérite ? Une notion romantique pour ceux qui n’ont pas le bras long.
L’égalité ? Un slogan de campagne qu’on range soigneusement après le vote.
Pendant que le citoyen lambda compte ses diplômes pour espérer un stage, d’autres comptent leurs relations pour placer leurs épouses et maîtresses. C’est la gestion « en famille » de la République. On ne se contente pas de manger à table, on réserve aussi les chaises pour les cousins et les alliés.
À ce rythme, le slogan « Le RHDP au service des Ivoiriens » devrait être précisé : « Surtout au service des bons petits des Ministres… ». Car en Côte d’Ivoire, si tu veux voir la lumière, ne cherche pas le savoir, cherche un parrain.