Abidjan, 22 février 2026— L’ONG «Les Enfants de la Nature» tire la sonnette d’alarme sur la dégradation accélérée des écosystèmes lagunaires et côtiers en Côte d’Ivoire. Dans un communiqué dont Enquête Media a reçu copie, l’organisation dénonce le remblayage illégal de la lagune Ébrié et les menaces croissantes qui pèsent sur la plage de Monogaga, deux espaces jugés essentiels pour l’environnement et la santé publique.
Remblayage illégal et pollution massive
Selon l’ONG, environ 2,2 millions de mètres carrés de terrains auraient été illégalement remblayés dans le district d’Abidjan, entraînant la perte de 30 % de la voie d’eau dans la baie de Biétry. Cette pratique détruit les habitats naturels, entrave la navigation, réduit la capacité d’absorption de la lagune et prive les populations riveraines de leur accès à cet espace vital.
À ces transformations physiques s’ajoute une pollution massive liée aux déchets plastiques, aux eaux usées non traitées et aux rejets industriels. L’ONG pointe notamment l’impact de la décharge d’décharge d’Akouédo, dont les lixiviats se déverseraient dans la lagune, ainsi que l’arrivée quotidienne de macro-déchets et d’effluents urbains.
Les conséquences environnementales sont déjà visibles : raréfaction des poissons, destruction de la mangrove et épisodes de mortalité massive de la faune aquatique. L’organisation évoque aussi des risques sanitaires, avec la prolifération de bactéries responsables de maladies comme le choléra et les diarrhées chez les riverains.
Le changement climatique aggraverait par ailleurs l’érosion du littoral et les inondations récurrentes dans des communes comme Koumassi et Marcory.

Monogaga, un patrimoine écologique menacé
Au-delà de la lagune, l’ONG interpelle l’État ivoirien sur la protection urgente de la plage de Monogaga, située dans la région de San Pedro. Cette zone touristique et écologique sensible serait menacée par des projets de développement touristique et d’exploitation minière.
Déjà confrontée à une érosion côtière estimée entre 1 et 2 mètres par an, la plage subit également la pollution plastique, l’urbanisation non maîtrisée et des phénomènes d’insécurité ou de privatisation sauvage, compromettant son potentiel touristique, notamment à Sassandra et Monogaga.
La plage constitue pourtant un habitat important pour des espèces menacées, notamment les tortues marines et les oiseaux migrateurs, tout en représentant un moyen de subsistance pour les communautés locales.
Des recommandations et un appel des signataires
Face à cette situation, l’ONG «Les Enfants de la Nature » formule plusieurs recommandations : renforcer la réglementation contre le remblayage illégal, développer des infrastructures de collecte et de traitement des déchets, construire des stations d’épuration et promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement.
L’organisation plaide également pour la création d’aires protégées dans certaines zones de la lagune et pour le classement de la plage de Monogaga et de ses environs en aire protégée, avec une implication accrue des communautés locales et un encadrement des activités touristiques.
Le communiqué est signé par le secrétaire général de l’ONG, Gbané Aleoussene, qui appelle les autorités ivoiriennes à agir « avec urgence » pour préserver la biodiversité, protéger la santé des populations riveraines et garantir l’avenir des générations futures.
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