Alors que la filière subit de plein fouet une chute vertigineuse des cours mondiaux, le ministre Bruno Koné remanie son dispositif de communication. Le journaliste de formation Check Koné prend les rênes de la DCPA avec une mission quasi diplomatique, éteindre l’incendie social dans les vergers.
Le 24ème étage de l’immeuble Caistab, au Plateau, a des airs de poste de commandement en temps de crise. Ce mardi 10 mars, sous l’œil de l’inspecteur général Dr Adama Kouadio, Check Aboubakar Koné a officiellement succédé à Guy Marius Atsé à la Direction de la Communication et de la Promotion Agricole (DCPA). Ce mouvement, acté par décret le 19 février dernier, intervient au moment le plus critique du mandat du nouveau ministre de l’Agriculture, Bruno Koné.

Un expert du « marketing de crise »
Titulaire d’un double Master en Marketing Management et en Journalisme, Check Koné n’est pas un inconnu des arcanes administratives. Récemment distingué Meilleur directeur de la communication de l’administration publique ivoirienne et lauréat du Super Prix Or de l’économie 2025, il quitte la direction de la Communication et des Relations publiques du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme (Mclu) pour un siège autrement plus éjectable. Journaliste professionnel, il devra transformer le récit gouvernemental pour faire accepter une pilule très amère aux 600 000 producteurs du pays.
Le spectre de l’or brun
Le baptême du feu sera immédiat. La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de fèves, traverse une zone de turbulences inédite. En moins de cinq mois, le prix bord champ a fondu, passant de 2 800 FCFA à 1 200 FCFA pour la campagne intermédiaire, soit une baisse de près de 60 %.
Alors que plus de 100 000 tonnes de cacao s’entassent sur les quais du port d’Abidjan faute d’acheteurs internationaux, la mission de Check Koné dépasse la simple promotion agricole. Il devra redorer l’image de la souveraineté alimentaire, alors que le « yoyo » des prix internationaux fragilise l’économie rurale et accompagner le virage vers la transformation locale, l’unique bouclier prôné par Abidjan pour sortir de la dépendance aux bourses de Londres et New York.
Source Enquête Media 10/03/2026.